Bain rituel juif et ses espaces annexes,
Cavaillon, Vaucluse

Des quatre carrières juives d'Avignon et du Comtat Venaissin, celle de Cavaillon était la plus anciennement installée (1453) mais aussi la plus modeste. Placée au coeur de la vieille ville, elle était constituée d'une seule impasse bordée de maisons, la rue Hébraïque actuelle, fermée au nord par la synagogue reconstruite en 1772-1774. Dans les carrières, la boulangerie et le bain rituel (mikvé en hébreu) étaient aussi indispensables à la pratique cultuelle communautaire que la salle de prière.

Le bain rituel de Cavaillon est situé sous la cour de l'ancienne maison Auguste, voisine de la synagogue. Il est constitué de trois salles voûtées sur un plan en L, accompagnées de trois puits. Le bain proprement dit, accessible par un escalier en équerre, est placé au nord de la salle principale, à une profondeur de 7 m au-dessous du niveau de la cour. Alimenté comme il se doit par la nappe phréatique, il était initialement divisé en deux petits volumes voûtés, séparés par un mur de refend percé d'une porte.
L'étude archéologique révèle deux étapes successives : au bain médiéval, daté entre le XIIe et le XIVe siècle, appartiennent les parties basses, soigneusement construites dans un appareil en pierre de taille, et quelques autres vestiges ; au bain du XVIIIe siècle, époque de l'essor de la carrière, appartiennent les parties hautes du mikvé et l'état actuel des salles supérieures.

Classement du bain rituel juif, de ses espaces souterrains annexes, de son escalier d'accès et du sol de la cour de l'ancienne maison Auguste, par arrêté du 17 décembre 2007.