Monument aux victimes de la Révolution,
Bédoin, Vaucluse

Bédoin, village d'environ 2 700 habitants à l'époque révolutionnaire va être le lieu d'un épisode sanglant initié par le tribunal révolutionnaire sous l'impulsion de Etienne-Christophe Maignet, représentant Robespierre, membre du Comité de Salut Public.
A la suite de la destruction d'un arbre de la liberté et des décrets de la Convention affichés sur un panneau devant la maison commune dans la nuit du 2 mai 1794, le tribunal révolutionnaire se transporte à Bédoin et prononce 66 condamnations à mort exécutées aussitôt par la guillotine. La population doit payer une nouvelle taxe révolutionnaire par habitant, les maisons sont incendiées, les terres agricoles stérilisées au sel, le village appelé "Bédoin l'infâme" est rayé de la carte, le reste des habitants déporté dans les villages voisins assigné à résidence. A la chute du régime de la Terreur, deux mois plus tard, des voix s'élèvent pour que justice soit rendue à cette malheureuse population.
Juste un an après le massacre, le 4 mai 1795, Jean de Bry, représentant du gouvernement, vient réhabiliter Bédoin au cours d'une fête laïque. Un procès verbal informe des nouvelles dispositions adoptées à l'égard de "Bédoin l'anéanti".

Un monument commémoratif, dénommé autel de la patrie surmonté d'une colonne est élevé dans des délais très courts pour les besoins de la cérémonie. En 1822, Aimé Durand, curé du village propose sur ses biens propres la restauration du monument. Lors du bicentenaire de la Révolution, une nouvelle plaque en marbre vient remplacer la précédente.
Il est apparu essentiel de retenir ce monument dont la valeur est principalement la commémoration d'un événement de la période révolutionnaire, encore très vif aujourd'hui dans la mémoire locale.

Protection - (cad. Domaine public non cadastré, section F) : inscription par arrêté du 23 juillet 2009.