Château d'eau,
Bédarrides, Vaucluse

Le château d'eau de Bédarrides s'élève au nord-est du village.
Jusqu'au milieu du XIXe siècle deux sources, l'une à l'est, l'autre au nord assurent l'alimentation en eau du bourg. La construction d'une voie ferrée détruit le tracé venant de l'est, un différent avec le propriétaire interrompt l'arrivée du nord. Par ailleurs les conduites en terre cuite, installées au XVIIIe siècle, sont vétustes et l'étanchéité douteuse.
Aussi, dès 1855 la municipalité entreprend, après la recherche d'autres sources, la construction de nouvelles fontaines et d'un château d'eau pour la répartition de l'eau.
Plans et études hydrauliques sont réalisés par l'agent-voyer départemental et les travaux de captage et de conduite commencent sous la direction d'un entrepreneur local. De nombreuses péripéties (polémique autour de la conservation d'une croix et par conséquence du choix d'un emplacement) interviennent avant que la construction du château d'eau ne soit terminée et reçue par l'architecte départemental Jeoffroy en 1864.
Edifice monumental de style néoclassique, il est fait de pierre de Caromb, de Courthézon et de Saint-Restitut. De plan octogonal, il s'élève sur deux niveaux : le premier abrite alternativement fontaines et abreuvoirs dans des niches sous arcades ; le second, percé de huit grandes arcades plein cintre, possède un décor de pilastres adossées au dessous d'un entablement à triglyphes et métopes surmonté d'une corniche largement débordante. Une coupole sommée d'une boule coiffe l'ouvrage.
Vers 1910 l'eau courante est progressivement amenée dans chaque maison sans passer par le réservoir, et le château d'eau perd sa fonction première.