Ancienne chapelle des religieuses bénédictines de Notre-Dame,
Avignon, Vaucluse

Issue du Puy-en-Velay, où elle est fondée en 1618, la congrégation enseignante des religieuses bénédictines de Notre-Dame s'établit en 1637 à Avignon. Logées dans des maisons déjà existantes, les religieuses font construire leur chapelle en 1669, sans doute sur les plans de François Delbène. Puis après la crue de 1674 qui dévasta les maisons, elles décident de construire un monastère. Elles passent prix-fait (contrat devant notaire) le 25 avril 1675 avec le maître-maçon Paul Brunet. Les plans et élévations sont donnés par l'architecte avignonnais François Delbène. La chapelle primitive, qui était un simple quadrilatère, est conservée, mais un vestibule, avec au-dessus une tribune formant le choeur haut des religieuses lui est ajoutée au nord, ce qui permet d'aligner son bâtiment sur les constructions nouvelles.
Le plafond de la chapelle est encore un simple ouvrage de bois à poutres et solives. Il est remplacé en 1698 par le plafond au décor de boiseries enchâssant des toiles peintes qui existe toujours. Deux maîtres-menuisiers, Pierre Brunet et Charles Boisselin se partagent l'ouvrage, dont le dessin et la conduite sont confiés à un autre grand architecte avignonnais Pierre Mignard. On n'a aucune documentation sur les toiles peintes.

En 1712, les religieuses confient à Charles Boisselin l'exécution du retable qui occupe tout le mur du choeur. Dessin et conduite sont également confiés à Pierre Mignard.
Les bâtiments devenant trop exigus, les religieuses bénédictines quittent en 1768 leur couvent pour celui plus vaste des augustines que ces dernières venaient de délaisser.
Après être passés entre les mains de divers propriétaires, l'ancien couvent et sa chapelle sont depuis la seconde moitié du XIXe siècle propriété communale.
De plan rectangulaire allongé, la chapelle est précédée d'un vestibule au-dessus duquel se trouvait le choeur haut des religieuses. Le chevet plat, qui regarde le sud, est entièrement occupé par un retable en bois sculpté peint et doré accompagné de toiles peintes. Le plafond, plat lui aussi, présente un somptueux décor de boiseries enchâssant des toiles peintes, exemple unique à Avignon. Toute l'iconographie est mariale, à l'exception des tableaux des saints Simon et Jude du retable, qui ne sont probablement pas d'origine.