Ancien couvent des Carmes
Apt, Vaucluse

Un couvent des Carmes a été fondé une première fois à Apt en 1296 au vallon Saint-Antoine, quartier extra-muros de la ville. Il a été transféré dans la ville dans la seconde moitié du XIVe siècle en raison des troubles qui compromettait la sécurité des religieux.
L'église a fait l'objet d'une campagne de construction à l'extrême fin du XIVe siècle ou au début du XVe siècle et d'une seconde campagne de travaux d'embellissement à la fin du Moyen-Age qui organise alors l'église conventuelle avec une nef unique éclairée par des fenêtres hautes, flanquée de chapelles latérales ménagées entre les contreforts, se prolongeant par une abside pentagonale plus basse et voûtée d'ogives, la porte nord est agrémentée d'un portail de style flamboyant.
Au XVIIe siècle une troisième campagne de construction voit la création de chapelles rayonnantes, l'élévation du clocher au sud, l'ouverture d'une tribune en partie haute de la travée droite du ch¤ur qui communiquait avec l'étage du cloître, le voûtement de la nef sur croisées d'ogives et le couvrement des chapelles latérales par des voûtes d'arêtes.
Les modifications se sont poursuivies au XVIIIe siècle avec la reconstruction du cloître dans un style classique. Vendus à la Révolution le couvent et l'église ont été divisés au XIXe siècle en plusieurs lots y compris l'église qui fut divisée entre 3 propriétaires privés.
Le couvent des Carmes a perduré pendant près de 500 ans à Apt, c'est l'édifice religieux le plus grand de la ville après l'ancienne cathédrale. Cependant son histoire et son architecture se sont effacées de la mémoire des aptésiens, nul toponyme lié aux Carmes n'en garde le souvenir dans la ville malgré la permanence de son clocher et la visibilité de son volume. Le cloître a comme été avalé par une occupation foncière moderne, et l'église conventuelle n'a pu résister à un morcellement de propriétés et d'usages qui ont dénaturé l'édifice depuis la Révolution.
L'ensemble conventuel est encore lisible en dépit des transformations du XIXe siècle. La protection de l'ancienne église et des vestiges du cloître se justifie par la rareté d'un couvent de l'ordre des Grands Carmes, ordre qui a disparu en France après la Révolution, et par son témoignage de la tradition du gothique méridional peu représenté dans le pays d'Apt.


Inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 07 septembre 2011 des parties de l'ancien couvent des Carmes : l'église conventuelle en totalité, les vestiges du cloître compris dans les élévations sur la cour, les arcades et le sol de la cour.