Monument aux morts de la guerre 1914-1918
Toulon, Var

Le monument commémoratif aux morts de Toulon est à son emplacement d'origine, situé en centre ville face au palais de Justice.

Un comité du monument a été constitué dès la fin de la guerre et présidé par le pharmacien toulonnais Victor Castel. Un registre des comptes-rendus de toutes les réunions du comité tenues entre 1919 et 1926 permet de constater combien il a été long et difficile d'ériger un monument en hommage aux Toulonnais morts pour la France. De la mise en place d'un concours, au choix d'Honoré Sausse, boursier de la ville de Toulon pour poursuivre ses études à l'école des Beaux Arts de Paris, parmi les 10 candidats, jusqu'aux différentes étapes de la procédure administrative, le souci principal du comité a été de faire réaliser au plus vite et au mieux un monument qui fasse l'unanimité des Toulonnais. La réalisation va s'échelonner d' août 1924 à juin 1925. Un surcoût dans la livraison de la pierre de Lens et les difficultés financières du sculpteur obligent le comité à lancer une nouvelle souscription publique à laquelle s'ajoute la participation financière de l'Etat. Il a été inauguré le 28 juin 1925 en présence du sous-secrétaire d'Etat au ministère de la Guerre, Jean Ossola, soit sept ans plus tard.

Sa composition est originale, en pyramide à trois niveaux, précédée de deux volées d'escalier. Le monument présente sur un bloc rectangulaire, un alignement de sept Poilus et marins surmontés d'une femme voilée. Appuyée à un massif rectangulaire, elle étend les bras, protégeant les soldats, à la manière d'une Vierge de Miséricorde du Moyen Age. Deux chutes de laurier s'écoulent sur les bords du massif. Elle tient sur le bras gauche un bouclier, ce qui permet de la désigner comme l'allégorie de la France, attristée devant ses morts.

Atypique par sa forme monumentale, le monument aux morts de Toulon reste l'oeuvre principale d'un artiste qui a cherché l'émotion dans le dépouillement.

Protection - (cad. CP 210). Inscription par arrêté du 22 février 2010
Cette protection s'inscrit dans le contexte d'une thématique "monuments commémoratifs" conduite depuis deux ans par la CRMH avec le concours de divers partenaires extérieurs.