Casernes Kilmaine,
Tarascon, Bouches-du-Rhône

Les casernes de Tarascon se situent à l'entrée de la ville ancienne, formant un vaste quadrilatère de plus de 5 hectares bordé par les voies ferrées. Elles correspondent à un tiers de la surface de la ville ancienne.

Tarascon étant une ville étape, les habitants étaient assujettis au logement et à l'entretien des gens de guerre. A la suite de requêtes réitérées sur plusieurs décennies, la ville reçoit le 20 septembre 1695 de l'intendant de Provence l'autorisation de construire des casernes. La construction ne commencera qu'en 1718 sur les plans et le devis de Desfour, architecte de la province du Languedoc, où il construit des casernes selon un modèle de bâtiments regroupés autour de trois cours spécialisées. A Tarascon le modèle est repris mais avec des variantes et de dimension plus modeste.

La construction du quartier ancien commence par l'Est et s'échelonne jusqu'en 1757. Le grand quartier autour d'une grande cour est réservé à la cavalerie, le petit quartier est divisé en deux cours, l'une pour l'infanterie, l'autre pour les magasins de l'étape. Les bâtiments sont sur deux niveaux, flanqués aux angles de pavillons. Le rez-de-chaussée est aménagé en pièces voûtées en berceau surbaissé, réservées aux écuries ; l'étage est fait de chambrées pour les soldats. L'administration occupe l'aile entre les deux quartiers. Des passages sont aménagés pour accéder aux différentes cours. Au XVIIIe siècle ces bâtiments avaient la capacité d'héberger jusqu'à 1 275 hommes et 500 chevaux environ.

A partir de 1818, l'entretien des casernes revient au service du Génie. Le besoin de recevoir des effectifs complets et permanents impose des agrandissements successifs tout au long du XIXe siècle. Le plus spectaculaire est le grand manège édifié en 1846. Cet espace de 67 x 27 m est couvert d'une vaste charpente d'assemblage en bois.
Le quartier Kilmaine est occupé par le centre mobilisateur n° 27 en 1953, et le centre de sélection n° 9 en 1954. De l'ensemble des bâtiments existants, certains ont été transformés considérablement, notamment les anciennes écuries à l'ouest, surélevées de deux étages, et d'autres bâtiments détruits.
Les deux centres sont dissous et l'armée quitte définitivement le site en juin 1999. Suivant l'ordonnance du 5 août 1810 la ville de Tarascon souhaite se réapproprier les casernes. Des projets de réutilisation sont à l'étude. Il s'agit de réaliser un pôle culturel, un pôle judiciaire ainsi qu'un agrandissement du lycée Alphonse Daudet.