Domaine du château d'Avignon,
Sainte-Marie-de-la-Mer, Bouches-du-Rhône

Le domaine du château d'Avignon est situé au coeur de la Camargue, en bordure du petit Rhône, dans un milieu naturel très original, il s'étend aujourd'hui sur un peu plus de 21 hectares.

La constitution du domaine est l'oeuvre de Jean-François d'AVIGNON, (1694-1770) originaire du Comtat Venaissin. Sa mère Jeanne d'Arlatan, issue d'une riche famille arlésienne achète en 1720 le mas de Someyre . Autour de 1739-1740, le mas existant a été transformé voir agrandi pour devenir le "château d'Avignon" confirmé par un croquis de 1771.

Après son décès, n'ayant pas eu d'enfant, le château passe successivement en plusieurs mains puis il est acheté en 1811 avec ses 5 500 hectares par le général de Miollis , comte d'Empire. En 1813 sa superficie totale s'élève à 19 224 hectares. Louis Noilly-Prat, (1845-1932), célèbre négociant en vins, achète le domaine en 1893. Cet entrepreneur est le fils aîné de Claudius Prat, commerçant marseillais et d'Anne-Rosine Noilly, originaire de la haute bourgeoisie lyonnaise. Homme de l'industrie et du négoce, il avait fondé en 1870 la firme Noilly-Prat produisant et exportant le vermouth et l'absinthe.

Il remanie entièrement sa demeure la dotant du confort le plus moderne et les dernières applications des progrès techniques. Il s'entoure de personnalités compétentes tels Auguste Veran, architecte arlésien des monuments historiques, Louis Peyron, architecte marseillais, et Auguste Blanqui, maître ébéniste marseillais bien connu de l'époque. Ce dernier réalise tous les aménagements intérieurs, l'ensemble des boiseries, les huisseries et tous les meubles du château. Les plans de l'état des lieux du château dressés par Auguste Veran, en juillet 1893 attestent des quelques transformations, notamment l'adjonction d'une travée supplémentaire au bout de l'aile orientale et le déplacement de l'escalier monumental.

En revanche, les autres bâtiments qui composent les dépendances du domaine sont construits à la demande de Louis Noilly-Prat, à l'écart du château, entre 1893 et 1900.
Cet ensemble de constructions très homogènes accompagne la maison de maître et témoigne des recherches de la modernité à la fin du XIXe siècle dans une région où l'eau est omniprésente. Cet ensemble illustre d'une façon exceptionnelle les thèmes de l'hygiénisme, du confort et de l'organisation de la domesticité dans la bourgeoisie industrielle de province de cet fin de siècle.