Monument aux morts
Salon-de-Provence, Bouches-du-Rhône

Le monument aux morts de Salon-de-Provence est situé dans le cimetière Saint-Roch, face à l'entrée principale.

Dès 1919, le conseil municipal lance une souscription pour l'édification d'un monument et vote sa participation. L'emplacement proposé par le maire ne fait pas de difficulté, il sera placé contre la falaise du cimetière.

Un comité présidé par le banquier Marius Conte-Devolx, prend en charge la campagne de souscription, puis organise un concours en 1923. Le 2 janvier 1924, un jury composé de 16 personnes dont le maire sélectionne le projet d'Eugène Piron, né à Dijon le 30 avril 1875, grand prix de Rome en 1903. Son projet, qu'il décrit lui-même, est "un monument entièrement taillé dans le roc formé d'une brèche avec à l'entrée un clairon qui sonne le Sublime Réveil  et fait surgir en foule l'image de ceux qui dorment là...".
La réalisation du thème est unique en son genre, la statue d'un clairon vu de dos entre d'un pas décidé dans la brèche pour réveiller les âmes des morts. A gauche, dans l'ombre portée de la falaise, se dresse un groupe de porte-drapeaux et des poilus casqués. De l'autre côté, dans la lumière, des visages apparaissent. Devant la brèche se trouvent des éléments épars de la dalle funéraire de marbre blanc brisée en blocs portant des fragments de la liste des morts. Il s'agit à la fois d'une laïcisation du thème du Jugement dernier et de la Résurrection et l'illustration du cri "Debout les morts". C'est "l'âme même de nos héros sortant du sépulcre pour nous dicter nos devoirs" comme le dit le président du comité le 11 novembre 1925 dans son discours d'inauguration.

Le monument le Sublime Réveil de Salon-de-Provence est incontestablement le chef d'oeuvre d'Eugène Piron. Par l'originalité du thème choisi, son emplacement et la qualité de son exécution, ce monument atypique est unique dans la thématique des monuments aux morts étudiée dans la région.

Classement du monument aux morts de la guerre de 1914-1918, dit "Monument du Sublime Réveil" (cad. AH 1) par arrêté du 13 septembre 2011
Cette protection s'inscrit dans le contexte d'une thématique "monuments commémoratifs" conduite depuis deux ans par la CRMH avec le concours de divers partenaires extérieurs.