Château d'Arnajon et son parc
Le Puy-Sainte-Réparade, Bouches-du-Rhône

L'histoire du château d'Arnajon et de son parc, de ses maîtres d'¤uvre et même de ses commanditaires était jusqu'ici très mal connue.. En fait c'est aux Le Blanc de Castillon, une famille d'officiers et de parlementaires aixois qui succède aux Hugolény en 1660, qu'il faut attribuer Arnajon. Les protagonistes principaux sont Jacques Le Blanc et son fils Jean-Baptiste-Prosper, dont un acte nous apprend qu'ils ont effectué de "grandes réparations... ayant considérablement augmenté la valeur" du lieu.
Au premier sont dus l'accroissement important du domaine et la conception du parc, au second l'agrandissement du château. En 1732, le domaine est érigé pour ce dernier en arrière-fief par l'archevêque d'Aix, seigneur du Puy. La propriété passe en 1833 à la famille de Solliers, qui marque sa présence par l'ajout d'une chapelle accolée au château et d'une série de dépendances dans la partie Ouest du parc.

Juxtaposant des apports d'époques différentes, Arnajon vaut surtout par son parc du XVIIe siècle, repéré de longue date comme un des exemples remarquables de jardin bastidaire provençal. Inscrit dans le grand paysage, il superpose ses terrasses régulières bordées de balustres, descendant vers l'est, avec le Luberon en toile de fond. L'eau joue un rôle majeur, animant les fontaines, courant sur les terrasses, emplissant deux grands bassins dans lesquels l'architecture se reflète.

Au rebord de la première terrasse, deux pavillons-pigeonniers dominent les jardins et calent la composition. Celui du nord offre la surprise d'abriter au rez-de-chaussée un étonnant nymphée, grotte de fraîcheur de plan octogonal, voûtée, entièrement décorée de petits cailloux, de concrétions, de coquillages, de sables colorés. Ses côtés sont creusés de niches qui abritaient des statues et de grandes cariatides marquant les angles arrosaient autrefois de leurs jeux d'eaux le visiteur.

Attestée en 1692, cette grotte est absolument exceptionnelle en Provence par son état de conservation. Elle peut être comparée à celles dont seule la structure subsiste à Albertas ou a Buoux, par exemple, mais les modèles de référence sont évidemment italiens. Arnajon constitue ainsi un jalon dans l'histoire des nymphées et salles de fraîcheur à décor de rocailles et de coquillages, ces lieux mystérieux, les plus précieux du jardin depuis la Renaissance.


Classement du château en totalité, de ses dépendances et de son parc (cadastre F 126, 127, 695, 697, 712 et 815) par arrête du 15 décembre 2011