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Oppidum du Verduron,
Marseille, Bouches-du-Rhône

Situé à l'extrémité de la chaîne de l'Estaque, il domine toute la rade de Marseille. D'accès difficile, il contrôlait une voie protohistorique menant à Saint-Blaise et à l'étang de Berre.
Le site présente un plan original, unique en Provence : de taille modeste, il est caractérisé par un enclos rectangulaire de 40 m x 24 m, parcouru par 2 rues parallèles donnant au sud sur une rue desservant l'entrée du site et son chemin d'accès. L'urbanisme régulier s'organise suivant une succession de petites terrasses, sur lesquelles sont installées des cases de 10 à 20 m2. Au nord, une excroissance du rempart délimite un espace plus réduit occupé par des cases ouvrant sur une aire de circulation centrale.
L'architecture de pierres sèches liées à la terre est bien conservée ; les cases étaient couvertes de lauzes en calcaire de grandes dimensions. A l'intérieur, elles présentent souvent un seul sol en argile et quelques aménagements domestiques, foyers et banquettes, et de stockage.

Le mobilier est composé principalement de céramique indigène du milieu du IIIe siècle av. J.-C., confirmant le caractère indigène de cet habitat du second Age du Fer. Le site porte la marque d'une destruction violente, sans doute vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., dont témoigne une importante collection de catapultes en fer et de javelots provenant des fouilles anciennes.
L'habitat du Verduron apparaît comme l'un des sites essentiels à la compréhension du fonctionnement de la cité grecque de Marseille et de son territoire. Cet habitat fortifié associe un urbanisme clairement influencé par les modèles grecs à des matériaux et techniques de construction typiquement indigènes, tout comme le mode d'occupation du site, qui évoque une ferme fortifiée. L'occupation du site, de courte durée et réduite à une seule phase terminée par une destruction violente, permet d'avoir une vision instantanée de cet habitat gaulois du second Age du Fer.