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Oppidum Notre-Dame de Pitié,
Marignane, Bouches-du-Rhône

Le site, d'une superficie de 3800 m2 environ, est protégé par un rempart en gros blocs de pierres sèches, renforcé dans l'angle sud-est par deux tours arrondies saillantes, au nord par deux tours pleines défendant une poterne. Au sud, la falaise rocheuse fait fonction de défense naturelle.

A l'intérieur de cette enceinte, un habitat se développe selon un schéma directeur : un îlot quadrangulaire est aligné parallèlement au rempart est ; il comporte 2 rangées de 5 cases de 10 à 12 m2 de superficie, adossées à 1 mur axial et desservies par 2 rues. Il est séparé d'un autre groupe de cases allant jusqu'au rempart nord par une petite place.

Un îlot plus ancien, à 1 seule rangée de cases, s'étend plus à l'est et jusqu'au rempart nord. Les murs sont construits en moellons irréguliers sur 0.50 m de hauteur puis en briques de terre crue et paille recouvertes d'un enduit argileux ; ils sont conservés sur 0.90m de hauteur.

Une première occupation diffuse est datée du courant du IVe siècle av. J.-C.
La construction du rempart et de l'îlot 1 est datée de 325 ou 300 av. J.-C. Entre 300 et 260 av. J.-C., le village s'étend : les îlots 2 et 3 sont construits et les rues sont mises en place. Le site est abandonné entre 220 et 190 av. J.-C.

L'oppidum Notre-Dame de Pitié est remarquable par la qualité et le caractère massif de son système de défense, ainsi que par la bonne conservation de certaines des élévations en matériaux mixtes, caractéristiques des techniques de construction protohistoriques. Le site est bien représentatif de ces habitats perchés indigènes proches de Marseille, occupés durant le second Age du Fer et témoignant d'une ouverture progressive aux influences extérieures.