Monument aux morts,
Aubagne, Bouches-du-Rhône

Le monument aux morts de la Victoire est situé sur la place centrale de la ville moderne, où se déroulent les grandes manifestations.
En même temps que s'élève dans le cimetière un monument aux morts de la grande guerre, la municipalité d'Aubagne prend l'initiative de doubler son hommage par l'érection sur l'espace public d'un monument de la Victoire. La décision est prise dès le 5 janvier 1919 et le dossier est suivi non pas par le comité existant, mais par le maire lui-même, Joseph Jourdan, en place depuis 1912. Il confie le projet aux architectes départementaux, Louis Chauvet et son adjoint Gaston Castel accompagné du statuaire Henri Raybaud. Le financement est assuré par un emprunt communal au crédit foncier de France pour la somme de 70 000 Fr.
La réalisation du monument va durer 4 ans au lieu d'un an prévu, un retard dû aux difficultés de transport des matériaux. L'inauguration a lieu en même temps que le monument du cimetière, le 11 novembre 1922.

Il présente un condensé de tous les symboles, attributs et allégories rencontrés habituellement dans les monuments aux morts. Il est composé d'un piédestal en pierre de Maubec (Vaucluse) sur lequel s'élève un groupe allégorique, exécuté en marbre de Carrare, représentant la Victoire ailée, tenant une couronne de laurier et survolant deux soldats, un jeune chasseur alpin et un vieux poilu. A la base du socle, une figure féminine représentant la ville d'Aubagne désigne à un enfant les deux soldats, artisans de la paix. Auprès d'elle le coq gaulois claironne son chant victorieux devant les rayons d'un soleil levant.

Henri Raybaud, grand prix de Rome, professeur à l'école des Beaux Arts de Marseille, travaille sous la conduite des architectes départementaux. Ils sont épris du style officiel développant un monument de grande ampleur mis en valeur par un emmarchement et des trottoirs entourés de grilles et de six lampadaires. Cet aménagement a malheureusement disparu en partie lors des travaux de la place en 1982.

Protection – (cad. AB domaine public non cadastré). Inscription par arrêté du 22 février 2010
Cette protection s'inscrit dans le contexte d'une thématique "monuments commémoratifs" conduite depuis deux ans par la CRMH avec le concours de divers partenaires extérieurs.