Tuilerie des Milles, ancien camp d'internement,
Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône

La tuilerie-briqueterie est située dans l'ancienne commune des Milles, à 6 kilomètres d'Aix. Datant de 1882, elle est dotée des derniers perfectionnements : trois fours Hoffmann à feu continu, sur un terrain en bordure de la rivière non loin d'une carrière d'argile et à proximité de la gare des Milles ce qui permet l'écoulement des produits tant dans l'arrière pays que sur le port de Marseille. Reconstruite partiellement vers 1912 après un incendie, elle subit dès 1936, comme toutes les usines du bassin de Séon à Marseille, un ralentissement puis la fermeture provisoire due aux difficultés avec le commerce extérieur.

Elle est réquisitionnée et utilisée comme camp d'internement de septembre 1939 à 1940, d'abord en tant que camp de regroupement pour des "nationaux de l'empire allemand" (allemands, autrichiens, tchèques et hongrois) réfugiés dans le sud de la France. Parmi ceux-ci : les peintres Hans Bellmer, Max Ernst, Ferdinand Springer, Wols et Gustave Erlich, dit "Gus". Les peintures murales dans le réfectoire des gardiens sont attribuées à ces artistes (le réfectoire est transformé en atelier de menuiserie lorsque la tuilerie reprend ses activités après la guerre). En 1942, le lieu sert de camp d'internement pour les juifs raflés à Marseille : camp de départ vers la déportation, c'est l'un des éléments de la "solution finale". L'usine, rouverte après la guerre et exploitée aujourd'hui par la société Lafarge couverture est actuellement partiellement désaffectée. Un comité du site Mémorial des Milles a été créé en 1991 et les peintures de l'atelier de menuiserie ont été restaurées en 1994.