Château de la Calade,
Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône

Propriété de la famille d'Escalis au début du XVIIe siècle, les terres de la Calade sont acquises en 1632 par Jérôme de Duranti, seigneur de Saint-Antonin et de Saint-Louis, conseiller en la Cour des comptes, aides et finances de Provence. L'année suivante, sa terre est érigée en arrière fief sous le nom de Saint-Louis de la Calade.
Anobli depuis peu, Jérôme de Duranti décide d'édifier en 1634 une vaste demeure favorisant le style architectural du XVIe siècle plutôt que celui du XVIIe siècle naissant. Il semble que ce choix soit motivé par le souci de marquer le nouveau rang du propriétaire des lieux si l'on se réfère aux actes notariés où il est fait mention de "la maison seigneuriale dudit Saint-Louis". Achevé en 1653, le château très peu modifié au fil du temps, reste un témoin architectural de la société aixoise qui s'établissait à la campagne.
Image d'une architecture volontairement archaïque qui prolonge les conventions de l'architecture seigneuriale à l'aube du XVIIe siècle, le château de la Calade se distingue par son décor de gypserie, daté par les prix-faits de 1634-1635, qui orne l'escalier de pierre rampe sur rampe à balustres. S'y retrouve l'art maniériste avec son goût pour le pittoresque, influencé par les différents hôtels particuliers d'Aix-en-Provence. Il s'agit d'un décor en cartouche qui se déploie sur plusieurs sous-faces de l'escalier présentant les armes des familles Duranti et d'Escalis ainsi que différents paysages et scènes de genre, le tout entouré d'anges, de cuirs, de trophées et de représentations florales.
La Calade est aussi remarquable pour la conservation d'un des premiers exemples de papier peint panoramique en France daté d'avant 1804 dit les "jardins de Bagatelle" ou le "jardin anglais". Les papiers peints n'ont cependant pas gardé leur effet panoramique, étant réduit, par de simples bordures, à des tableaux.
Un autre exemple de papier peint se trouve dans l'une des chambres du premier étage, représentant un trompe l'Ļil de draperie (1er quart du XIXe siècle).


Inscription en totalité du château ainsi que les parties subsistantes du parc historique par arrêté du 25 mai 2011