Domaine des Trois Moulins de Valmasque
Valbonne et Vallauris, Alpes-Maritimes

A proximité immédiate du péage de l'autoroute d'Antibes, et pourtant totalement à l'écart dans un site protégé par un environnement naturel et boisé bien préservé, le domaine des Trois Moulins de la Valmasque est un ensemble complexe qui ne se livre que progressivement.

Le site comporte des vestiges de l'aqueduc antique d'Antibes. A l'époque moderne, au XVIIe siècle peut-être, on dérive l'eau de la Valmasque pour l'amener par un canal à une pièce d'eau servant de réservoir à un moulin hydraulique, moulin à farine puis moulin à huile au XIXe siècle. Ce moulin conserve tous ses éléments et demeure en état de fonctionnement.

Dans la période 1935-1970, le domaine devient la résidence de Roger Abry, biologiste antibois, et son épouse, Kitty Aloyse Saint-Clair Holbrook, une britannique fille d'un lieutenant-colonel de l'armée des Indes. En utilisant au mieux la ressource paysagère apportée par la pièce d'eau, ils transforment l'ancienne propriété rurale en jardin d'agrément, émaillé de topiaires de buis, de sculptures, de jarres, de fabriques... Plus encore ils en font un jardin à sens, nourri de références antiques et orientales, un jardin bavard de multiples inscriptions, citations, chronogrammes, un jardin d'auteur, traduisant une forte mentalisation du lieu.

L'épicentre du jardin est sans doute le temple de Mithra, une ancienne fabrique du parc de Castille dans le Gard, qui ferme un axe dédié au dieu perse et à Ahura Mazda. Sur cet axe sont gravés dans le sol divers dessins à forte valeur symbolique (scène de tauroctonie, zodiaque, animaux fabuleux affrontés, ankh égyptien, symbole d'éternité...). Sur l'autre rive de la pièce d'eau, se découvrent d'autres figurations inspirées de l'orient antique. Le domaine devient un jardin de la lumière, de la vie et de la mort, paraissant traduire un glissement vers un mysticisme lié aux anciennes religions orientales.

Les centres d'intérêt du domaine des Trois Moulins sont donc multiples. Mais cette diversité ne nuit pas à l'homogénéité du site. Inconnu des inventaires de jardins et des publications récentes, l'ensemble est empreint d'une très grande originalité. Il est aussi d'autant plus fragile que demeurent relativement cachés ses éléments les plus signifiants.

Protection - (cad. Valbonne AP 45, 46, 48, 49, 52, 53 et 54 ; Vallauris AC 295 et 296) Inscription par arrêté du 22 février 2010