Eglise paroissiale de la Sainte-Trinité,
La Trinité, Alpes-Maritimes

Succédant à une première chapelle attestée depuis le XVIIe siècle, devenue paroissiale après la création de la commune en 1818, l'église de la Sainte-Trinité a été bâtie pendant la période sarde, de 1845 à 1848, sur les plans de Joseph Vernier (1800 – 1859), architecte niçois travaillant régulièrement pour le Consiglio d'Ornato de cette ville.

En concurrence avec deux projets rivaux, celui de Vernier emporta l'adhésion de la communauté locale et de l'administration piémontaise. Très différent, il se caractérisait par une grande originalité : plan centré hexagonal inscrit dans un triangle équilatéral dont la pointe des angles est coupée, trois absides logées dans les angles du triangle, trois avant-corps traités comme des façades de temples doriques antiques occupant les côtés, en couvrement une coupole centrale épaulée par trois demi-coupoles… le parti ternaire se décline partout, en résonance avec le vocable du sanctuaire et le nom de la communauté. Il confère à l'édifice une force extraordinaire et une remarquable unité spatiale.

Les références ultramontaines sont évidentes, allant du panthéon romain pour les proportions aux églises à plan centré de la Renaissance italienne, des jeux des architectes baroques sur les formes géométriques simples, dont bien sûr le triangle, à d'autres édifices que signale l'architecte lui-même, telle l'église turinoise de la Gran Madre di Dio, achevée en 1821.

Dans le contexte d'un village de l'arrière-pays niçois, aux moyens financiers forcément réduits, et malgré les difficultés liées à la réalisation, le choix d'un tel parti n'en demeure pas moins étonnant.