Propriété Santo Sospir,
Saint-Jean-Cap-Ferrat, Alpes-Maritimes

"Une jeune femme habite Santo Sospir. Il ne fallait pas habiller les murs, il fallait dessiner sur leur peau : j'ai traité les fresques linéairement avec le peu de couleurs qui rehaussent les tatouages. Santo Sospir est une villa tatouée." C'est ainsi que Jean Cocteau rend compte du travail qu'il réalisa dans la villa de son amie et mécène Francine Weisweiller. Invité par cette dernière à séjourner sur la côte d'Azur, l'artiste décora entièrement la maison en 1950 et y revint régulièrement peindre, écrire, tourner, jusqu'à sa mort en 1963.

Magnifiquement située sur le versant ouest du cap Ferrat, face à la mer qui borde son jardin, la maison est construite entre 1931 et 1935 dans le style régionaliste méditerranéen. Les "tatouages" se répartissent sur les murs, les plafonds, les vantaux des portes. La technique est celle d'un peintre, mais le parti général est celui d'un graphiste, le trait, ligne signifiante, l'emportant sur la couleur. Les thèmes sont ceux chers au poète : la Méditerranée avec ses pêcheurs, le soleil, la nuit, la mythologie grecque surtout. Une chambre est consacrée au mythe d'Actéon, changé en cerf après avoir surpris Diane et ses nymphes, une autre à l'initiation des bacchantes, une troisième au mythe de Narcisse, dont la nymphe Echo répète inlassablement le nom...

La protection dont bénéficiait la seule villa depuis 1995 a été complétée par une mesure prenant en compte l'ensemble de la propriété, jardin et dépendances.

Inscription en totalité (ensemble de la parcelle avec ses différents éléments et bâtiments des anciennes dépendances) par arrêté du 17 avril 2007. (complète l'arrêté d'inscription de la villa Santo Sospir du 5 mai 1995).