Gare du Sud,
Nice, Alpes-Maritimes

La Gare du Sud est la station de tête du pittoresque train des Pignes qui relie Nice à Digne. Cette ligne à voie métrique, prévue dès le rattachement du comté de Nice à la France, a été construite par la "Compagnie des Chemins de Fer du Sud de la France'' et ouverte au public en 1892. Cette date est aussi celle de la gare, bâtie sur les plans de l'architecte parisien Prosper Bobin.

Comme la plupart des gares de l'époque, elle juxtapose deux parties, distinctes à la fois par leur fonction, leur matériau, leur architecture, leur symbolique même. A l'avant, dominant l'avenue Malaussena et son marché, le bâtiment des voyageurs, en pierre, briques et tuiles, oeuvre d'architecte ; à l'arrière, la grande halle métallique abritant les quais, oeuvre d'ingénieur. Cette halle est d'ailleurs un remploi du pavillon de la Russie et de l'Autriche-Hongie à l'exposition universelle de Paris en 1889.

Pour le bâtiment des voyageurs, Bobin s'est inspiré de Hittorff et son édifice reflète la redécouverte de la polychromie de l'architecture antique. En plus du soin apporté à leur composition, les façades offrent un épiderme coloré, associant pierre, briques jaunes et rouges, céramiques et faïences, éléments de second oeuvre produits de l'industrie. La gare de Nice est un exemple assez rare dans la région de ce courant, éclectique dans son décor et déjà rationaliste dans sa conception. Ayant valeur de porte de ville, elle frappe aussi par son inscription urbaine et la monumentalité de son accès.

Abandonné depuis sa désaffectation en 1991, l'édifice est aujourd'hui menacé par la restructuration du quartier et le projet de nouvel hôtel de ville. Des solutions pour assurer la préservation de ce témoin sont à l'étude.