Pyramide,
Falicon, Alpes-Maritimes

Cette petite pyramide isolée sur un versant du Mont Chauve au nord de Nice a suscité depuis un siècle de multiples interprétations et une abondante littérature ésotérique. C'est tout simplement une balise abritant et signalant l'entrée de la grotte de Ratapignata (chauve-souris en niçois), grotte naturelle à concrétions explorée jusqu'à une profondeur de 47 m 50. De plan grossièrement carré de 6 m de côté à la base, irrégulier en raison de la forte pente, la pyramide est construite en maçonnerie de petits moellons et était sans doute enduite. Elle est percée dans sa face Sud-Est d'une ouverture donnant accès à la grotte, autrefois fermée par une porte. Sous l'effet conjugué de l'érosion naturelle et des dégradations humaines, le monument est de plus en plus tronqué.

La construction est liée à la découverte de la grotte en 1803 par l'avocat italien Domenico Rossetti et à la publication par ses soins en 1804 d'un long poème qui lui est dédié. Bâti au cours des années suivantes, l'édicule est attesté de manière indubitable dix ans après, en 1814.

Fréquente dans les parcs et jardins de la fin du XVIIIe siècle comme dans les cimetières du XIXe siècle, la forme pyramidale donnée à un monument n'a rien d'exceptionnel en France. Ce qui est beaucoup plus rare, c'est le programme, l'association entre cette forme et une fonction spécifique. Comme telle, la pyramide de Falicon constitue un remarquable témoignage de la mode de l'égyptomania qui a marqué notre pays à la suite de la campagne napoléonienne en Egypte. Elle illustre aussi l'engouement dont a bénéficié le développement de la spéléologie au XIXe siècle.

Inscription de la pyramide et des aménagements liés à la visite et à la présentation de la grotte de Ratapignata par arrêté du 7 août 2007.