Ancien château,
Upaix, Hautes-Alpes

Situé au sud du département des Hautes-Alpes, dans le village perché d'Upaix, l'immeuble dit ancien château a appartenu à la famille Amat qui posséda la seigneurie de 1637 à 1710. Ses armoiries figurent sur un rampant de l'escalier.
Autour des années 1650, Jacques Amat était seigneur d'Upaix. Originaire de Catalogne, cette famille était arrivée en France dans la suite des comtes de Barcelone.

Jacques Amat, seigneur d'Upaix, gouverneur de Château-Dauphin, conseiller d'Etat ordinaire, trésorier général, secrétaire et maître d'hôtel de Louis XIII, réside la plupart du temps à la cour et se rend épisodiquement en province. Il décède en 1660 à Paris. Il fait bâtir peu après 1650 le château des Concis, au Poët non loin d'Upaix dont il venait d'acheter la seigneurie. La cheminée de ce château aujourd'hui disparu a été transportée au musée de Gap. Elle présente un décor tiré du recueil de Barbet (1633) proche de celui des rampants de l'escalier d'Upaix.

Le bâtiment, construit sur un terrain en déclivité, est longé à l'est par une rue qui monte vers la place principale, tandis qu'une ruelle, qui passe sous la porte de ville, longe les autres façades. Il est élevé de deux étages sur soubassement voûté en berceau. On passe sous l'ancienne porte de ville en arc brisé, partie intégrante de l'immeuble, pour pénétrer par l'entrée principale dans l'escalier qui de fond en comble le distribue. Cet ouvrage est, par son savant décor de gypserie que les escaliers aixois ne dédaigneraient pas, tout à fait différent de celui plus rustique que l'on rencontre dans les escaliers du sud du département, la pièce maîtresse de l'ancien château. On remarquera notamment le rampant où figure les armoiries au milieu d'un décor de cuirs retournés et de cornes d'abondance d'où s'échappent des fruits charnus comme le sont également les seins des femmes-feuilles qui encadrent le blason. Les autres rampants sont plus sobres mais on notera cependant le rampant compartimenté où alternent roses épanouies et fruits.

A l'ouest, deux salles superposées, aujourd'hui effondrées, devaient elles aussi renfermer des gypseries. L'ensemble conserve également des plafonds à solives et quelques cheminées en pierre dure qui leur sont contemporaines.