Maison en bois à portiques,
Château-Arnoux, Alpes-de-Haute-Provence

Les maisons en bois à portiques, dites "les chalets", dominent l'agglomération de Saint-Auban à flanc de colline. Eloignées de la cité ouvrière et de l'usine chimique, il n'en subsiste que quatre, rue de la Colline.

Conçues en 1940-41 elles sont réalisées en 1943 selon le procédé que venait de mettre au point pour l'armée de l'air Jean Prouvé en collaboration avec l'architecte Pierre Jeanneret et le Bureau Central de Construction.

Les restrictions de matériaux et les difficultés de communication entre la zone occupée et la zone libre obligent Jean Prouvé à adapter sans cesse son système de construction. A Saint-Auban l'ossature est en bois, l'assemblage en fer. L'usine chimique de Saint-Auban en est le maître d'ouvrage. C'est actuellement sous la dénomination de société Atofina qu'elle est propriétaire des deux maisons protégées.

Ces pavillons étaient réservés aux ingénieurs et leur famille. Ils sont édifiés sur des piliers en maçonnerie formant soubassement. Le plan est conçu pour trois chambres distribuées autour d'un séjour, d'une cuisine et de sanitaires. Un portique central en bois supporte une poutre faîtière sur laquelle sont articulés les deux pans de toiture et une ferme centrale triangulaire. Aux extrémités de la poutre faîtière viennent s'assembler deux poutres pignon qui reposent à leur tour sur des panneaux de façade. Les façades sont faites de panneaux de bois de 1 mètre de large s'emboîtant de haut en bas dans les poutres de rives. Les panneaux sont réalisés avec des planches disposées en chevrons. La couverture est faite de feuilles d'aluminium et de tuiles de bois pour l'auvent. Cette toute première application du système de construction à portique inaugure la série des habitations légères que Jean Prouvé développera tout au long de sa carrière.

Dès 1950, des transformations et améliorations ont modifié l'habitation d'origine pour plus de confort.

La maison située au n° 3 semble la plus authentique. Elle est louée. La maison n° 9 est en revanche inoccupée. Elles ont toutes les deux besoin de travaux d'entretien important
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