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Liste des rapports rendus
1989 | 1990

Appel d'offres 1989-1990
" Savoir faire et techniques "


Les savoir-faire et les techniques qui concourent au renom d'une profession ou d'un produit sont des enjeux essentiels pour l'avenir de notre société.

Les savoir-faire traditionnels comme les produits qui en sont issus sont indissociables d'autres éléments du patrimoine : architecture populaire et savante ; sites et outils de l'artisanat et de l'industrie... En tant que patrimoine culturel les savoir-faire et les techniques font ainsi l'objet d'un nombre croissant d'interventions visant a les conserver et les mettre en valeur de la part d'organismes aussi variés que des parcs naturels, des écomusées, des conservatoires de techniques, des associations. Les techniques et les savoir-faire recèlent ainsi des potentialités importantes au plan économique. De la relance de techniques anciennes du bâtiment en vue de l'entretien du patrimoine bâti à la promotion d'un tourisme industriel les modes de valorisation des techniques et des savoir-faire sont multiples.

Cette prise de conscience de l'importance de tels objets comme éléments du patrimoine culturel et comme ressources potentielles de développement local a amené la direction du patrimoine du ministère de la culture à faire de la connaissance et de la valorisation des savoir-faire et des techniques un des axes prioritaires de sa politique.

Dès 1980 la Mission à l'ethnologie incitait les organismes de recherche, les associations, les musées et les écomusées à lancer des opérations de recherche et de mise en valeur des cultures techniques liées à des activités artisanales et industrielles comme la facture d'instruments, les techniques de construction, la métallurgie et l'industrie du textile.

En 1987 et 1988, plus de 20 nouvelles opérations ont été lancées avec l'objectif d'étudier, en relation avec les représentants des professions et des organismes à vocation de conservation et de mise en valeur, les moyens de répertorier certains savoirs par une meilleure connaissance de leur rôle dans un processus de production donné et de" conditions culturelles' sociales et économiques de leur reproduction.

Aujourd'hui, les premiers résultats obtenus, les points débattus au cours des réunions d'équipes organisées au cours de l'année 1988 par la Mission à l'ethnologie permettent de faire quelques recommandations pour les projets qui seront soumis au Conseil du patrimoine ethnologique en 1989.

Aborder la place des savoir-faire dans un processus de production implique de porter une attention particulière à certaines situations.

Le savoir-faire, en effet, ne peut être isolé du procès de travail dans lequel les rapports entre techniques et savoir sont constamment redéfinis. On privilégiera l'analyse des processus de production soumis à d'importants renouvellements technologiques afin de faire apparaître à travers les situations de transmission de rupture de transfert les modes de formation et de recomposition des savoir-faire.

Il s'agit ainsi de prendre en considération le rôle joué par le savoir-faire dans l'organisation du travail et' partant' de l'unité de production.

Dans cette perspective les savoir-faire devront non seulement être compris comme compétence individuelle à l'oeuvre dans un processus technique et perceptible dans la qualité d'un produit mais aussi comme mode d'intégration dans un processus collectif de production. Le savoir-faire résidant alors dans une gestuelle, un langage partagés.

Les savoir-faire devront enfin être appréhendés à travers les rapports sociaux qu'ils contribuent à générer. En tant qu'éléments constitutifs de l'identité des groupes professionnels ils se manifestent dans les champs sociaux locaux et participent à la production des identités locales. On s'attachera donc, à partir d'analyses des conditions et des lieux de la production des discours sur les savoir-faire et les produits qu'ils contribuent à valoriser, à établir la place qu'ils occupent dans les représentations des différents groupes sociaux (détenteurs ou non détenteurs de savoir-faire). Et notamment en prenant en compte le statut et les représentations du travail dans ces groupes.

Il est entendu que toutes ces recherches devront s'appuyer sur un ensemble de descriptions précises et systématiques des activités concrètes de production. Dans la mesure du possible elles devront s'attacher à constituer des ensembles de données comparables sur un même secteur·d'activité.

L'état d'avancement des travaux, les perspectives d'exploitation des résultats dans le cadre de programmes de protection d'éléments patrimoniaux ou de relance d'activités traditionnelles font du bâtiment et de l'agro-alimentaire deux secteurs particulièrement favorables au développement de recherches comparatives.

La nécessité de mieux structurer les recherches autour des thèmes particuliers n'exclut pas, bien entendu, les projets sur d'autres secteurs d'activités dans des contextes artisanaux ou industriels.

Tous les programmes des recherches présentés à la Mission à l'ethnologie devront tenir compte, sans toutefois leur être nécessairement subordonnés, des projets d'exploitation économique ou culturelle, des résultats formation à des techniques particulières, relance d'une activité, mise en valeur touristique, conservation sous diverses formes doivent, selon les cas, être envisagés avec les partenaires concernés.


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