Appel d'offres 1992 - 1994
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- permettre une meilleure
connaissance de la géographie culturelle de la France et des régions
limitrophes ; Sont particulièrement bienvenus les projets comportant des recueils de données sur le terrain à partir d'enquêtes qui combinent l'extensif et l'intensif ; également les projets qui associent historiens et ethnologues pour autant qu'il s'agisse d'un véritable travail pluridisciplinaire. I1 est par ailleurs recommandé, dans la mesure du possible, de choisir des sujets et des terrains qui permettent de mettre en relation les phénomènes à étudier avec des données existantes, qu'il s'agisse de données statistiques ou de faits ethnographiques déjà bien établis. Certains thèmes comme, par exemple, l'alimentation, lieu d'une très riche diversité de pratiques et intéressant aussi au point de vue de la transmission et des échanges culturels, sont à privilégier. Les réponses de l'appel d'offres devront s'organiser autour des directions suivantes (ou de l'une d'entre elles) : * le constat et l'analyse ethnologiques des frontières culturelles On pourra s'interroger sur le maintien, le renouvellement, l'effacement des anciennes divisions : entre France du nord et France du sud, mondes alpin et méditerranéen, entre provinces, régions (éventuellement séparées par une frontière étatique), " pays ", etc. Que demeure-t-il des anciennes lignes de fragmentation ? Où et comment de nouvelles frontières se sont-elles établies ? Quelles formes ces limites prennent-elles dans l'espace ? celles de lignes continues, renforcées par des coupures administratives, celles de zones complexes où les espaces culturels se chevauchent, celles de dégradés faisant ressortir la disparition progressive d'un ou de plusieurs phénomènes ? Les acteurs sont-ils fortement conscients de cette démarcation ? Y attribuent-ils, selon leur qualité, une importance plus ou moins déterminante ? Ce constat différentiel et cette analyse des frontières pourront s'appliquer aussi bien à de grandes unités territoriales contiguës qu'à des ensembles plus restreints (quartiers urbains, ville, banlieue, communes rurales voisines). Parmi les éléments de différenciation, quels sont les noyaux résistants offrant peu de prise au changement à l'échelle de plusieurs générations ? A quoi attribuer cette pérennité : effet de système dû à l'interdépendance de traits culturels, résistance des mentalités s'attachant à des éléments différenciateurs pour leur valeur distinctive et leur capacité à créer des ruptures à caractère symbolique ? Comment, parallèlement, des oppositions anciennes sont-elles réactualisées sous de nouvelles formes à partir d'autres supports (français régionaux relayant les anciennes oppositions de langues et de dialectes, néo-styles architecturaux employant des procédés et de matériaux modernes de construction, etc.) ? A l'inverse, quels sont les aspects du comportement qui se sont modifiés radicalement sous l'influence de modèles culturels voisins ? Au total, sur quelles franges des pratiques un contrôle conscient et volontaire des phénomènes de maintien et d'évolution se manifeste-t-il le plus nettement ? Quelles sont les médiations (familiales, professionnelles, institutionnelles) de ces processus de maintien, d'abandon, de transformation ? Enfin, comment les individus adaptent-ils ou réajustent-ils leurs comportements quand ils passent une frontière et s'installent, par exemple, temporairement ou définitivement dans un site limitrophe de leur région d'origine ? Pour répondre à ces questions il convient d'entreprendre et éventuellement de jumeler : S'il convient, dans tous les cas, de partir d'un constat ethnographique des différences, on ne se bornera, en aucun cas, à ce simple repérage mais on tentera de rendre compte des fonctions et du sens de ces variations. On s'interrogera, par exemple, sur le caractère systématique des variations culturelles dans l'espace. Autrement dit, ces variations concernent-elles des traits isolés ou des complexes de traits qui sont structurellement associés ? Quelles corrélations peut-on établir entre les différences constatées ? On pense, à simple titre d'exemple, aux travaux de Ch. Parain qui faisaient ressortir les variations concomitantes - et fonctionnellement associées - entre types d'instrument d'égrenage, types de céréales, types d'installation pour le stockage des récoltes, type d'emploi de la paille. On pense aux corrélations que l'on peut établir entre types de groupe domestique, formes de dévolution du patrimoine, structures d'exploitation agricole, etc. On pense encore à l'intérêt des recherches sur les variations linguistiques correspondant à des différences factuelles mais aussi conceptuelles. On ne peut cependant rendre compte de toutes les variantes en termes d'intégration fonctionnelle au sein d'un système culturel. Certaines d'entre elles se maintiennent ou apparaissent sous l'effet des représentations des acteurs qui leur confèrent un sens. En menant des travaux comparatifs, en conjoignant éventuellement l'extensif et l'intensif, on pourra apprécier la pertinence des corrélations et les significations que revêtent pour les acteurs les différences constatées. Ce type de recherche nécessite l'association de diverses compétences, variables selon les sujets et les terrains abordés (provinces, régions ou pays limitrophes, par exemple). Il est fortement recommandé de constituer des équipes interdisciplinaires. Un comité scientifique - proposé par les auteurs des projets - devrait suivre chacune des opérations. |
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