LES MOSSI

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Localisation de l'ethnie MossiLes Mossi vivent sur le plateau central parcouru par le Nakambe. Actuellement ils comptent pour la moitié de la population totale du Burkina Faso. Ils sont les descendants de cavaliers conquérants venus du Ghana au XVème siècle, les Nakomsé, qui ont intégré, dans plusieurs royaumes dont les plus importants sont restés ceux de Ouagadougou, résidence du roi des Mossi (appelé Mogho Naba) et de Yatenga, les descendants des groupes d'origine, les Tengabisi. Les Tengabisi vivent en communautés d'agriculteurs (Nyonyosé) et de forgerons sous l'autorité respectivement de l'homme le plus âgé du clan fondateur. Ces derniers traditionnellement utilisent et sculptent des masques. En tant que premiers occupants de la terre, ils sont respectés pour le pouvoir religieux qu'ils détiennent sur les éléments.


LES MASQUES MOSSE

Masques karanga - Musée de ManegaLes masques de la région Mossi représentent généralement des animaux, des êtres fantastiques ou des ancêtres importants. Toutes ces entités sont issues des histoires fondatrices de chaque clan. On ne rencontre pas les masques dans toutes les régions du Moogho (territoire des Moosé); ils sont surtout chez les Nyonissé, les premiers occupants du Moogho et dans quelques régions (Koustougou au Centre Ouest, Manga au Sud, Manéga au Nord, etc).

Les masques qui font partie des rites et cultes animistes jouent un rôle important dans la vie du groupe. Ainsi, chaque chef de clan tengabisi possède un masque à l'effigie de son totem. Il le garde chez lui ou dans la case réservée au culte des ancêtres où il sert d'autel, recevant libations et sacrifices. Il peut être consulté par des personnes étrangères au clan s'il est réputé pour son efficacité dans un domaine particulier.
Les masques apparaissent aux funérailles des membres les plus importants de la communauté. Ils offrent conseils et protection à tous les membres d'un même clan. Ils sont aussi les gardiens des récoltes. Alors que les masques les plus anciens ne participent pas aux manifestations profanes, les masques sacrés mais moins importants, participent à la plupart des cérémonies et partent souvent dans des villages éloignés pour danser.

C. Roy, qui a étudié l'art de l'ancienne Haute Volta, distingue trois styles principaux avec pour certains des sous-styles ; tous les masques sont taillés dans une seule pièce de bois monoxyle, et retravaillé c'est-à-dire peints, gravés. Ils ne sont complets qu'avec le costume de fibres qui cache le danseur muni de différents accessoires. Chants et danses sont indissociables de la sortie des masques sauf lors d'occasions solennelles comme l'inhumation d'un défunt. Dépouillés de leur costume, les masques sont précieusement gardés et servent d'autels, réceptacles pour les esprits des ancêtres.