LA LOMELLINA

Dix années de fouilles et près de 4 500 plongées ont été nécessaires pour étudier, analyser et reconstituer les structures de l'épave de Villefranche-sur-Mer identifiée comme la Lomellina, une "nave" gênoise.
Coulée dans un ouragan le 15 septembre 1516, découverte à 400 mètres de la darse de Villefranche en avril 1979, par 18 mètres de profondeur, cette épave a sollicité plongeurs, archéologues, historiens, techniciens,... jusqu'en septembre 1991.
Très probablement construit à Gênes, armé par une riche famille de cette ville, les Lomellini, ce navire marchand transportait une cargaison d'artillerie dans le cadre des guerres d'Italie. Surpris par une violente tempête pendant qu'il effectuait des réparations à Villefranche, il chavira et coula au mouillage.

L'étude archéologique a porté sur les structures du bâtiment mettant en évidence une tradition de construction méditerranéenne et des équipements : gouvernail, cabestan, sep de drisse, pompes de cales, sabords, soute à poudre d'un grand intérêt. Les "naves", navires de fort tonnage, ont en effet constitué l'épine dorsale de la flotte génoise, assurant le transport des pondéreux en Méditerranée et vers l'Europe du Nord-Ouest.
L'artillerie en fer forgé et les équipements associés ont constitué un autre pôle d'intérêt de la fouille. Tubes, culasse mobiles, affûts, boulets, boute-feu, refouloirs, cuillères, tonnelets de poudre ont été retrouvés et étudiés.

Le dessin montre la coque dans son ensemble, telle que la fouille effectuée par tranches successives n'a jamais permis de la voir. Les secteurs de fouille étudiés étaient en effet recouverts à la fin de chaque campagne. Sont visibles au centre les pièces d'artillerie, roues d'affût, et les boulets ; et à l'avant, la soute à poudre contenant 21 tonnelets.

L'emplanture du grand mât, telle qu'elle a été ici reconstituée, est le témoignage unique d'une tradition de construction méditerranéenne des grands navires "ronds" de la Renaissance.

Un large éventail de moblier archéologique a été mis au jour, illustrant le travail et la vie quotidienne des marins, ainsi que quelques cruches albarelli et coupes de majolique.

Fouille conduite par Max Guérout, Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) avec le concours d'Éric Rieth (CNRS) et Jean-Marie Gassend (CNRS).
Site internet de la Lomellina, avec journal de la fouille.

Photos : J.C. Hurteau, CNRS
Reproduction sur autorisation

Dessins de Noël Blotti avec l'aimable autorisation de la revue Géo.