La fouille virtuelle

Les techniques de fouilles classiques se conjuguent aujourd'hui aux nouvelles formes d'exploration des gisements et notamment à la FAO, ou "fouille assistée par ordinateur".
La fouille virtuelle présente en effet des avantages certains :

· des interventions peuvent être menées à de grandes profondeurs ;
· le site est étudié sans prélèvement ni déplacement d'objets ;
· l'intégralité du site peut être gardé en mémoire ce qui permet à l'archéologue de venir travailler dessus autant de fois qu'il le désire.


Une telle opération a été conduite en 1993 par le département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) en collaboration avec l'IFREMER sur une épave gisant à plus de 660 mètres de fond. Ce travail a permis la reconstitution, en images de synthèse, de la cargaison d'un navire romain du premier siècle de notre ère.

Le travail consiste en l'étude des couches apparentes de l'épave, au moyen d'un procédé photographique élaboré : la stéréophotogrammétrie, procédé couramment utilisé pour dessiner les cartes géographiques ou tracer les plans d'installations industrielles.

Cette technique part du principe de notre vision : un objet photographié de deux points de vue différents et observé avec nos deux yeux à travers une optique appropriée nous apparaît en relief.
Cette faculté de la vision permet de transformer une image en relief en informations tridimendionnelles (position, forme et dimension de l'objet). Ces informations sont ensuite traitées par ordinateur pour fournir un modèle numérique fidèle, à partir duquel peuvent être fabriquées des images de synthèse.

Schéma d'implantation des référentiels dimensionnels sur un tumulus d'amphores.
Avant la prise de vue, des règles et des flotteurs gradués sont placés sur le site pour se doter d'un système de référence permettant de se repérer dans les trois dimensions de l'espace : ce sont les référentiels dimensionnels.

Dessin : Luc Long, DRASSM
(C) Reproduction sur autorisation.

Platine photo à bord du sous-marin Le Nautile.
Pour l'opération concernant l'épave d'Arles IV , le sous-marin le Nautile a effectué trois séries de prises de vue en "survolant" le site à une altitude constante de 3 mètres et en réalisant un cliché tous les mètres. Chaque photo se recoupant d'au moins 60 % avec la suivante, une centaine de couples d'images a été ainsi obtenue.
La photo-mosaïque permet alors de préparer le travail de restitution.

Photo Philippe Foliot, CNRS/CCJ.
(C) Reproduction sur autorisation.