L'ORGANISATION DU COMMERCE MARITIME


Céramiques grecques de l'épave de Lequin 1

L'Antiquité
Pour l'Antiquité, l'éventail chronologique est assez large, du VIe siècle av. J.-C. (épave archaïque de la Pointe de Lequin) au Ve siècle ap. J.-C. (épave du cap Dramont E) avec cependant une nette prédominance pour la période allant du IIe siècle av. J.-C. au IIe siècle ap. J.-C.
Sur le plan thématique, les recherches portent aussi bien sur les grands courants commerciaux (épaves de la Madrague de Giens et d'Arles IV que sur le commerce de redistribution (épave Cavalière) et accordent une place importante au commerce des métaux (épave de Bagaud 2) et des matériaux de construction (épaves de Carry-le-Rouet, du Frioul, du cap Dramont G...). D'autres enfin sont justifiées par de nouvelles problématiques concernant les produits mal connus : amphores Dr. 26 (Camarat 2) ou un nouveau mode de transport : les dolia (épaves du Grand Ribaud D...).

Le Moyen Âge et l'Époque moderne
En revanche, le haut Moyen Âge et le Moyen Âge ont donné lieu à peu d'études en raison de la rareté des gisements et l'époque moderne a été abordée avec seulement deux opérations. Cependant, il convient de rappeler que plusieurs opérations de sauvetage ou de sondage ont porté sur cette période (épave des Sardinaux, commerce de céramique, fin XVIIe siècle ; épave de la plage d'Arles 1, commerce des métaux, début XVIIIe siècle) et ont montré tout l'intérêt de ces épaves. Pour le XIXe siècle, on signalera l'épave du Jason (1834), dite des Médailles, commerce de pacotille.


Épave de Cavalaire
fin du Moyen Âge

Coffret provenant de l'épave de la Palud
(VIe siècle ap. J.-C.)

Perspectives
Les recherches s'orientent aujourd'hui vers les périodes actuellement les moins étudiées (haute Antiquité, bas Empire romain, haut Moyen Âge, Temps modernes) et les types d'échanges les moins connus. Cependant il convient de tenir compte, entre les diverses époques ou entre les divers types de produits, des différences importantes introduites dans l'approche des problèmes par les modes de conditionnement. Si de nombreux aspects du commerce maritime restent à étudier pour l'Antiquité, tout reste à faire pour le Moyen Âge (aussi bien en Méditerranée pour les relations commerciales entre le Nord et le Sud ou l'Orient et l'Occident, qu'entre la Méditerranée et l'Europe du Nord et beaucoup pour les Temps modernes (grand commerce).

L'on s'attachera à étudier de façon systématique l'organisation du conditionnement et l'arrimage des cargaisons en liaison avec les données d'architecture navale sur les aménagements et les équipements du navire. L'étude des cargaisons et la recherche des itinéraires doivent être menées en étroite relation avec les problèmes d'origine de production et de distribution des produits afin de mettre en évidence les structures commerciales. Sont ainsi privilégiées la fouille et l'étude des gisements les plus homogènes et la mise en place d'équipes pluridisciplinaires travaillant en liaison avec des équipes de programmes connexes.


Étude de la cargaison
de l'épave romaine d'Arles IV

Certaines de ces orientations impliquent la recherche de gisements nouveaux et donc la nécessité de favoriser des prospections ciblées vers de tels sites. Ces prospections, notamment pour les périodes post-antiques, sont conduites avec le concours des historiens pour les recherches d'archives préalables.

Photos : Philippe Folliot (CNRS/CCJ), Margo Derain, Denis Metzger (DRASSM), Gribouille.