L'émail est un terme générique définissant plusieurs techniques (parmi lesquelles, le champlevé) dont la particularité commune est de faire appel au feu pour fixer une matière vitreuse sur un support métallique. L'émail est aussi l'objet qui en résulte. L'émail est enfin la matière vitreuse elle-même. Celle-ci, dans son état transparent et incolore, est un produit cristallin à base de silice, combiné dans des proportions variables à des composants alcalins, destinés à abaisser le point de fusion, et plombifères, destinés à rendre la matière plus ductile. La coloration est obtenue par adjonction d'oxydes métalliques, l'opacification par adjonction d'étain. L'émail limousin est pratiqué sur cuivre.
A côté de facteurs historiques et conjoncturels favorables, il est évident que l'enracinement durable de l'émail en Limousin s'explique d'abord par la présence simultanée dans l'environnement local de plusieurs éléments naturels : le socle cristallin peut fournir la silice en abondance ; les nombreux gisements métalliques apportent la plupart des oxydes nécessaires à la coloration de l'émail ; l'eau, fortement acide, permet un nettoyage efficace des poudres, indispensable à la pureté des couleurs. Le cuivre, matière du support, semble absent du tableau des richesses naturelles limousines, son importation massive n'a cependant laissé aucune trace et sa provenance reste encore un mystère.