Le contexte artistique


A partir de l'an Mil, le Limousin, grâce notamment au rayonnement de l'abbaye Saint-Martial de Limoges, devient un très riche foyer artistique. Dans le scriptorium de l'abbaye ou dans son proche environnement sont produits de magnifiques ouvrages enluminés, parmi lesquels de nombreux manuscrits musicaux ; c'est de ces poèmes para-liturgiques mis en musique que naît la poésie lyrique des troubadours, dont le Limousin du XIIe siècle écrit l'une des pages les plus originales.
L'église majeure de l'abbaye de Saint-Martial, la basilique du Sauveur, l'une des plus célèbres églises romanes de pèlerinage d'Occident, a été totalement détruite, mais de nombreux édifices témoignent encore du dynamisme de l'architecture romane régionale. Une série de chapiteaux récemment découverts, provenant de l'abbaye, montre l'ampleur du décor monumental, dès le XIe siècle, malgré l'emploi prédominant d'un matériau difficile à tailler : le granite.
Les arts précieux ne sont évoqués, sauf rare exception, que par des témoignages écrits, avant le XIIe siècle. L'émail champlevé donne ensuite à l'orfèvrerie médiévale, romane et gothique, quelques-uns de ses chefs-d'oeuvre. Le formidable succès qu'il rencontre durant près de deux siècles, le nombre d'objets encore conservés aujourd'hui dans le monde entier, les importantes études auxquelles il a donné lieu, ont en partie occulté l'orfèvrerie d'argent doré à décor de filigrane et de pierrerie, ou de cuivre non émaillé, dans la production de laquelle Grandmont semble avoir joué un rôle clé au début du XIIIe siècle.