Les grands phares du littoral de France

Objets et matériels techniques et scientifiques : les lanternes

 

Les premiers phares brûlaient du charbon dans un foyer à ciel ouvert. Au long du XVIIème siècle, ils s'équiperont de lanternes avec des montants de pierre garnis de petites dalles de verre. Le phare de Cordouan sera équipé d'un lanterneau de ce type vers 1611 et surmonté d'un obélisque. Toutefois, le principe des feux à ciel ouvert restait le plus usité (Stiff 1692, Cap Fréhel 1702, Chassiron 1685). A la fin du XVIIème, les lanternes métalliques se généraliseront en France avec le phare de Sète en 1684 (bois et métal), de Saint Mathieu en 1695, de Port-Vendres en 1700, et du Stiff en 1740. Les lanternes ont alors en général 8 à 10 pans et une coupole en cuivre. Elles abritent des lumignons brûlant de l'huile d'olive ou de poisson. Cet usage permettait de se séparer des contraintes météorologiques, des vents et garantissait la stabilité de l'intensité des lampes.

Après 1770, les lanternes s'agrandissent du fait de l'utilisation de réverbères métalliques. Elles possèdent alors un diamètre (en moyenne) de 12 pieds (environ 4 mètres) et reposent sur une murette maçonnée circulaire. La coupole est en cuivre repoussé à pans, surmontée d'une boule, portant des cheminées. Elles sont équipées de petites glaces montées sur des armatures métalliques et fixées au plomb.

Après le phare du Four (1821) dont la lanterne fut fabriquée par Bertrand de Nantes, les lanternes sont réorganisées par Augustin Fresnel.

Leur taille sera établie en fonction de l'importance du feu :

1er ordre
2ème ordre
3ème ordre
4ème ordre
Focale de l'optique
0,92
0,70
0,50
0,30
Diamètre
3,5m
3m
2,5m
1,6/1,4m
Nbre de pans
16
12
10
8
Ht du vitrage
3m
2,7m
2,25m
1,4m
Ht soubassement
2,2m
2,1m
2m
0,9m


Elles seront montées sur des murettes maçonnées (dès 1821) circulaires posées sur la terrasse du phare. Les montants seront en fer, les traverses en bronze, les coupoles en cuivre, ainsi que la décoration, la boule, le pied-douche, la girouette, le paratonnerre. L'évacuation des eaux de pluies se fera, en France, par des "gueules de lion" disposées en couronne sous la gouttière. Les montants seront verticaux par opposition aux lanternes à montants obliques utilisées en Grande-Bretagne (d'usage généralisé après 1870). Les vitrages seront plans, puis cylindriques à la fin du XIXème.

Vers 1850-1860, la murette maçonnée disparaît au profit d'un soubassement métallique, dans un premier temps en fer et bronze ou en cuivre riveté. Après 1910, les fabrications en grosse métallurgie permettront la réalisation en une seule pièce des grands cylindres du soubassement.

A la reconstruction de l'après-guerre, le lanternes seront standardisées par le directeur des phares de l'époque, A. de Rouville, qui en limitera le nombre de modèles. Deux grands fabricants français ont fabriqué ces appareils : Barbier Benard et Turenne, et Sautter-Harlé ou Sautter-Lemonier.