Les grands phares du littoral de France

Objets et matériels techniques et scientifiques : les lampes et appareils à huile végétale et minérale

 

L'huile végétale a été utilisée comme combustible principal dès les premiers feux. Elle était essentiellement fabriquée à partir de colza et très souvent mélangée à d'autres huiles (olive, de lin, de poisson, de baleine (spermacéti), de ravinson, de caméline, de fèves, de rabette, de tourteau).
A partir de 1820, des essais sont entrepris pour mesurer la qualité des huiles par Augustin Fresnel et François Arago. Ils mettront au point les premiers brûleurs à plusieurs mèches utilisés dans les phares. L'huile de colza sera utilisée exclusivement jusqu'en 1875 où elle fut remplacée par de l'huile minérale (pétrole). Elle sera d'abord utilisée dans les petits feux, du fait du danger d'explosion, dès les années 1860.

Les lampes à huile végétale étaient de deux catégories.

1) Lampes de phares à 2-3-4 puis 5 mèches et système mécanique à remontoir et pompes qui permettaient l'alimentation constante du bec de la lampe par de l'huile en excès.

Différents types de remontage existaient :
- à pompes et à remontoir à mouvement d'horlogerie avec régulateur à ailette (appareil Wagner au musée d'Ouessant et Grau du Roi),
- à pompes et à échappement à chevilles (appareil Lepaute au musée d'Ouessant),
- à cames (non retrouvé),
- à pompes et mouvements d'horlogerie avec régulateur à ailette, à 4 pistons, à clapets cuir ; 1836 (appareil exposé au phare de Chassiron),
- à pompes et mouvements d'horlogerie à 4 pistons à clapets métalliques (appareil au musée d'Ouessant).
Sources : Instructions... Léonce Reynaud (1842).

Après les années 1850, de nouvelles lampes sont apparues avec un piston central (voir Pointe de Grave/Verdon). Sources : Notices sur les lampes E. Degrand (1858).

Trois lampes étaient obligatoires dans chaque phare.

Après 1875, l'utilisation de l'huile minérale permettra d'utiliser des lampes à 5 mèches.

2) lampe de fanal à 1 ou 2 mèches à huile végétale puis minérale pour l'éclairage des fanaux.

Ces lampes demandaient d'une part, une alimentation par des réservoirs situés plus haut que la mèche, ils étaient reliés à une soupape qui garantissait un niveau constant de l'huile (voir feu permanent pour alimentation à l'huile minérale, Brest), d'autre part, un simple réservoir inférieur :
- lampes à 1 ou 2 mèches de fanaux (Brest, Cherbourg, Ouessant),
- lampe type Thilorier pour optiques d'horizon (Ouessant),
- photophore à bec à 1 ou 2 mèches à niveau constant (Ouessant).

Le gardien possédait sa propre lampe pour ses déplacements (voir lampes de gardien aux Sables d'Olonne)