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Journée professionnelle "Les musées à l'heure du numérique : travailler en réseau, réutiliser et contribuer"
Paris, 7 juin 2013


Ouverture de la journée
Guy AMSELLEM, président de la Cité de l'architecture et du patrimoine


Je suis très heureux de vous accueillir à la Cité de l’architectrure et du patrimoine, pour cette journée professionnelle, organisée par le service des musées de France de la Direction générale des patrimoines.

Je salue Marie-Christine Labourdette, directrice chargée des musées de France, ainsi que les organisateurs de cette journée, Bruno Saunier, Claire Chastanier, Laurent Manœuvre, Carine Prunet et Christine André.

L’apport des technologies du numérique au musée est un phénomène abondamment analysé, au point que la perspective du musée digital est devenu aujourd’hui un topos du débat patrimonial.
La réflexion, ces dernières années, s’est surtout centrée sur les usagers des institutions patrimoniales, en particulier leurs visiteurs, auxquels les technologies apportent des contributions significatives.
La numérisation des collections leur permet de mieux appréhender les œuvres, avant et après la visite.
Les technologies numériques enrichissent également la visite elle-même : podcasts, applications pour Smartphones, tablettes virtuelles, réalité augmentée, offrent des potentiels de médiation inédits, tout en répondant plus finement aux attentes des diverses catégories de publics.

Mais l’avènement du numérique, au-delà des nouveaux usages qu’il favorise, modifie également en profondeur les pratiques professionnelles, qu’il s’agisse des architectes ou des professionnels des musées.

L’architecte, dans sa pratique de la conception, est confronté à un véritable changement de paradigme, comparable à celui qui avait marqué la Renaissance.
L’invention, à cette époque, d’une architecture typographique, au sens littéral d’architecture faite de types graphiques, reposant sur l’imprimerie et la reproduction mécanique des images, avait favorisé la strandardisation du dessin d’architecture autour de la répétition en série d’éléments identiques, permettant la diffusion des savoirs, des formes et des règles de conception, alors même que la construction restait artisanale.

Nous sommes aujourd’hui dans une situation symétrique.
L’évolution des outils de l’architecture numérique a permis une maîtrise de plus en plus forte sur la représentation graphique, la conception, la construction et la fabrication de l’édifice.
Grâce à l’introduction de la topologie et aux variations dynamiques qu’elle permet, la conception architecturale numérique intègre désormais un polymorphisme permanent, qui délimite un espace de pures possibilités, dans lequel chaque possible s’actualise dans une fluidité extrême.

La Renaissance avait standardisé le projet dessiné, alors que le chantier n’était pas encore standardisé.
à l’ère du numérique, comme l’observe le philosophe Bernard Cache, l’architecture devient non standard, alors même que la construction demeure standard.

Le bouleversement apporté par les technologies frappe tout aussi profondément les professionnels des musées, qui sont invités par l’intitulé de votre journée, à reconsidérer leurs pratiques, en travaillant davantage en réseau, en partageant et en réutilisant les données.

Je veux, pour alimenter vos échanges et terminer ces quelques mots d’accueil, vous parler brièvement d’un projet qui nous tient à cœur – celui d’une encyclopédie collaborative de l’architecture.
Il s’agit de créer une encyclopédie fonctionnant sur le modèle de Wilkipedia, à laquelle seront appelés à collaborer les enseignants, chercheurs, doctorants et étudiants des écoles d’architecture.
Ce projet nous semble, en effet, relever des trois thématiques qui rythmeront votre journée : le travail en réseau, la réutilisation des données et la contribution à leur enrichissement.

Je vous souhaite de bons échanges.



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