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Journée professionnelle sur l'informatisation, la numérisation
et la mise en ligne des collections des musées de France
Paris, 8 juin 2012


Seconde table-ronde - Contribuer et utiliser les bases de données : quels bénéfices en attendre ?

De l'intérêt de la mise en ligne pour un musée
David de SOUSA, musée Alfred-Danicourt à Péronne


Introduction : le musée Alfred-Danicourt

Le musée Alfred-Danicourt est l’un des plus anciens musées de Picardie. Il fut fondé en 1877 sous les auspices d’un sous-préfet et d’un maire. Son histoire particulière, à travers les deux guerres mondiales, a eu jusque de nos jours des conséquences profondes sur ses collections et leur gestion. Victime d’un pillage principalement « troupier », le musée a perdu près de 98 % de ses œuvres et objets archéologiques durant la Grande Guerre, ainsi que la majeure partie de ses archives administratives (quelques trésors et documents manuscrits furent sauvés) ; d’autres pertes survinrent durant la Deuxième Guerre mondiale. Il est en 2012 le plus petit musée polyvalent de la Somme, avec ses 120 m2 d’exposition permanente au premier étage d’un élégant hôtel de ville ; il y présente pourtant des collections antique et mérovingienne qui font référence. Longtemps l’inventaire des 3 000 objets miraculeusement hérités du 19e siècle ou rassemblés plus tard grâce à diverses acquisitions, fut laissé en déshérence. Depuis dix ans, patiemment la reconstitution de l’histoire et du dossier de chaque œuvre est en marche.

Service public municipal, musée contrôlé, le musée Alfred-Danicourt est « musée de France » depuis 2002. Il accueille moins de 3000 visiteurs par an (200 jours d’ouverture), propose deux à trois expositions temporaires annuelles, un cycle de conférences culturelles fréquentées, et délocalise régulièrement plusieurs de ses expositions suite à des partenariats établis avec, par exemple, l’office de tourisme ou le centre hospitalier de la ville. Ses moyens d’action réduits sont autant de motivations pour s’investir dans toute opportunité lui permettant de faire rayonner son patrimoine trop méconnu : Joconde représentait l’une de ces opportunités.

Nos premiers pas vers Joconde

La genèse de notre « expérience Joconde » est intimement liée aux étapes de numérisation de nos collections et d’informatisation de leur gestion. Cela commence en 2003 par une première réunion en DRAC Picardie destinée à sensibiliser les musées picards à la nécessaire informatisation des collections. L’année suivante la démarche est validée par le Conseil municipal de Péronne qui permet ainsi au musée Alfred-Danicourt de participer pleinement au projet régional d’informatisation et de numérisation des collections. En 2005 le musée répond à un appel à projet permettant le financement de matériel informatique et d’un logiciel d’inventaire, dans le cadre du contrat de plan Etat-Région. L’opération est subventionnée à hauteur de 80% HT par l’Etat et la Région Picardie. Fin 2005, l’acquisition du matériel de base est réalisée ; le musée est doté d’un ordinateur performant, d’un scanner à plat et d’un logiciel d’inventaire. L’année suivante, dans l’impossibilité de se voir financer un apprentissage du logiciel, le responsable scientifique du musée a la chance de bénéficier d’une formation d’une journée dispensée à Péronne par le Conseiller Musée de la DRAC Picardie : cette assistance « de compétences » de l’Etat est déterminante dans le lancement de l’informatisation de nos collections, la rédaction des fiches informatisées d’inventaire commence. Ces fiches seront évidemment illustrées de photographies : la numérisation des œuvres traitées est donc elle aussi lancée.

En février 2007, les premiers échanges ont lieu avec Joconde, à l’initiative du musée et simplement grâce au lien « contact » du site du ministère. La correspondante Joconde parfait la formation par une initiation à distance au protocole d’export de notices. Le premier export est effectué au printemps 2007 par l’envoi d’un « panier » contenant seulement quelques notices test. Il nous faut un peu de temps pour nous accorder, en tenant compte d’une part des contraintes et des exigences techniques et éditoriales de Joconde, et d’autre part du temps effectif que nous pouvons consacrer en interne au projet. Néanmoins la rédaction des notices est optimisée de même que les formats numériques des visuels, dans la mesure des possibilités de la version limitée de notre logiciel (vocabulaire, rubriques). En juin 2007, un peu moins de cinq mois après le premier contact, 150 notices sont mises en ligne.

Nos motivations pour arriver à ce premier résultat positif furent très diverses.

Le rôle prescripteur de la DRAC Picardie, via le Conseiller Musée et le Chargé de mission pour le plan régional de numérisation, est incontestable. Nous fûmes accompagnés de la décision municipale jusqu’à l’achat du logiciel et même à son apprentissage. N’oublions pas que rien n’aurait été possible sans que l’assemblée délibérante de tutelle fût convaincue de tout l’intérêt pour le musée de participer au plan de numérisation puis aux versements sur les bases nationales, versements rendus d’ailleurs contractuels par la perception de subventions publiques non négligeables.

L’intérêt et l’ouverture du personnel du musée envers les technologies de l’information et de la communication en général, et celles appliquées à la Culture en particulier, simplifièrent également l’avancement du projet. Au final la technique de versement des notices et images sur la base nous apparut assez simple comparativement aux connaissances acquises pour la maîtrise du logiciel d’inventaire et des outils de numérisation.

Enfin notre participation à Joconde présentait de toute évidence pour le musée un biais intéressant pour palier un manque de financement local dans la valorisation de nos collections. Dès le départ il nous avait été précisé par notre collectivité que le projet de numérisation et les versements Joconde ne seraient pas prioritaires dans les activités quotidiennes du musée. Les opérations ne seraient pas externalisées ; aucun moyen extraordinaire ne serait spécifiquement mobilisé pour leur achèvement.

Depuis 2007, ces moyens techniques et humains mis ponctuellement au service de notre contribution à Joconde n’ont que peu varié.

Acquis auprès d’un fournisseur choisi sur une liste validée par la DRAC, le logiciel d’inventaire est une version simplifiée mais suffisante d’un grand classique de ce type de produit, version régulièrement mise à jour grâce au contrat de maintenance également signé. Lié à son module d’export, le logiciel constitue un outil performant dans les différentes étapes qui aboutissent à nos versements annuels. Pour des raisons de coût, il n’a été installé que sur un seul ordinateur polyvalent du musée, dans une version dite monoposte. Mais grâce à l’aide du consultant informatique de notre collectivité, un système de sauvegardes automatiques des données et photos a été mis en place vers le serveur sécurisé de la collectivité, afin de pallier toute défaillance technique grave. Le seul utilisateur du dispositif est le responsable scientifique du musée, qui se charge de la rédaction et de la saisie des notices, et se fait parfois assister lors des étapes de numérisation. Cette dernière s’appuie sur deux scanners à plat et deux appareils photographiques numériques qu’il a fallu apprendre à manipuler. Toutes les opérations avancent en fonction du temps disponible que le responsable scientifique peut leur consacrer sur l’année.

En effet, en marge des tâches quotidiennes, notre participation à Joconde s’inscrit dans un ensemble de missions concomitantes : la numérisation des collections, l’informatisation de l’inventaire et le récolement décennal. Ces opérations avancent d’un même rythme, subissent les mêmes contraintes, les mêmes retards ou les mêmes circonstances favorables à leur progression. Pour des raisons historiques et structurelles, nous avons choisi d’effectuer des versements d’ensembles cohérents mais ne correspondant pas exhaustivement à une typologie, une chronologie, un département, ou une salle d’exposition. Ainsi par exemple nous avons commencé en 2007 avec les beaux-arts, poursuivi en 2008 avec la numismatique gauloise, en 2009-2010 avec la numismatique et la glyptique gréco-romaines, ou encore avec l’archéologie gallo-romaine en 2011. Les prochains versements concerneront le mobilier archéologique mérovingien et de la photographie du 19e siècle.

Notre seule priorité est que le projet avance, peu importe dans quel ordre aux yeux des internautes qui consultent le site. Un ordre qui pour nous s’ajuste parfaitement avec les nombreuses phases de notre calendrier de récolement qui aboutira en 2013. En conséquence nos versements ne sont homogènes ni dans le temps, ni en volume, ni dans la nature des œuvres. Mais au minimum un versement est effectué par an. Conscients que ce mode opératoire ne facilite pas la planification des travaux de l’équipe Joconde, nous n’avons donc aucune exigence quant au calendrier de mise en ligne de nos notices. Les versements s’effectuent sereinement grâce à la compétence et la disponibilité de la co-responsable du site qui réceptionne les notices, les reformate éventuellement, et est toujours de bon conseil.

A noter que le volume de notices versées dans Joconde ne correspond pas exactement au volume de fiches d’inventaire du musée. Certains objets, non identifiables scientifiquement ou dont l’état est trop dégradé, n’ont volontairement pas été mis en ligne. Le site Joconde n’a jamais été destiné à devenir, selon nous, un miroir parfait de notre inventaire.

Les notices : le cœur du système

Sans être un avatar de notre inventaire informatisé, l’ensemble des notices que nous versons sur Joconde représente chaque année un volume toujours plus conséquent d’informations sur nos collections.

Depuis 2007 et au 1er janvier 2012, 1 458 notices ont été mises en ligne ; 1 314 comportent au moins une photographie numérique : 90,12 % de nos notices sont donc illustrées. Ces seules 1 314 notices ont généré, toujours depuis 2007, 74 877 images vues, soit le nombre d'images plein écran ouvertes tous modes d'accès confondus par des internautes. Par ailleurs, sollicités par Joconde, nous avons choisi de mettre en valeur certains ensembles cohérents d’objets par des expositions virtuelles. Ainsi, en collaboration avec Jeannette Ivain, co-responsable de Joconde, Le Médaillier gaulois d’Alfred-Danicourt fut mis en ligne en septembre 2008, et Camées et intailles : Antiquité précieuse en avril 2011. Ces deux expositions virtuelles ont depuis été consultées 34 441 fois (pour rappel, notre musée accueille moins de 3000 visiteurs par an).

Il faut reconnaître que nos versements de notices sont irréguliers en volume, mais ils se répètent chaque année: 213 notices en 2007, 401 en 2008, 287 en 2009, 168 en 2010 et 376 en 2011. Les statistiques fournis par le Bureau de la diffusion numérique des collections (voir graphique 1) indiquent que la fréquentation des notices illustrées a plus que doublé en quatre ans (et les chiffres 2011 sont en progression de 33% sur les quatre premiers mois de 2012). On peut constater que chaque exposition virtuelle a relancé la fréquentation des notices : ainsi, l’année 2010, sans nouvelle exposition virtuelle, marque une légère baisse de fréquentation des notices illustrées.



Elargissons maintenant notre réflexion sur 26 musées contributeurs de Joconde dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Picardie (dont le musée Alfred-Danicourt). Les statistiques des images vues nous donnent une première idée de la fréquentation des notices de chaque musée (tableau 1). Les chiffres du Louvre ne sont repris qu’à titre d’information.



Nous obtenons sur l’année 2011 un total de 747 628 images vues pour ces 26 musées (plus de 2 millions d’images vues pour Le Louvre). Largement en tête le musée Condé de Chantilly avec 270 061 images vues, puis Senlis avec 78 009 et enfin Soissons avec 57 547. Dans une proportion moindre, le musée Alfred-Danicourt compte par exemple 25 706 images vues et le musée Lécuyer de Saint-Quentin 4 502 la même année. Comment analyser ces données ? Doit-on penser que si des musées ont des chiffres d’images vues nettement plus faibles que d’autres, c’est parce que leurs notices ne sont pas consultées, n’intéressent pas le public ?



En fait, il nous faut mettre en perspective (tableau 2) ces chiffres des images vues avec le nombre de notices illustrées en ligne puisque c’est par leur lecture que sont obtenus les chiffres d’images vues. Une sorte « d’indice de popularité » peut alors être calculé simplement par le rapport entre le nombre total d’images vues et le nombre cumulé de notices illustrées. Cet indice de popularité ou de fréquentation donne un autre relief à la lecture des chiffres des images vues musée par musée.

Par exemple, en 2011, en moyenne chacune des 677 notices illustrées du musée de Valenciennes a été consultée 71 fois, contre 27 fois pour les notices du musée d’Amiens qui en a presque autant, ou également 27 fois pour celles du musée de Senlis qui a pourtant quatre fois plus de notices illustrées en ligne... Le musée Alfred-Danicourt voit ses notices consultées en moyenne presque 20 fois par an, alors que les notices du musée Lécuyer de Saint-Quentin sont plutôt très « populaires » avec 62 consultations chacune sur 2011 soit l’un des meilleurs chiffres de l’étude (le Louvre est à 17 consultations par notice illustrée). C’est donc bien que le nombre de notices illustrées en ligne n’est pas déterminant dans la fréquentation et donc la valorisation des œuvres du musée participant.

Pour être complet sur le sujet, je signale que de notre expérience nous avons retiré plusieurs enseignements et déductions sur ce qui rend une notice « populaire » aux yeux du public.

Une notice riche en données, en informations, permet de multiplier les chances de consultation grâce aux mots-clés via le moteur de recherche de Joconde, souvent porte d’entrée du site pour le public. De plus, le fait que la notice soit illustrée est incontournable : le public peut choisir l’option « avec image » lors de sa recherche sur Joconde, sur Collections/Culture.fr, mais également sur les gros moteurs de recherche privés qui indexent les notices de Joconde et leurs images. Cette nécessaire illustration des notices trouve bien sûr ses limites dans le problème des images non encore tombées dans le domaine public ou dont le musée ne possède pas les droits. Nous sommes également persuadés que favoriser les renvois d’internautes vers la notice, par exemple grâce aux liens depuis les expositions virtuelles, ou par l’insertion de liens dans d’autres sites liés au musée, se révèle payant. Le personnel du musée doit aussi être prescripteur de la consultation de Joconde auprès des visiteurs. La notoriété et la rareté de l’œuvre présentée par la notice, son rapport au milieu des collectionneurs, ou par exemple son côté « incontournable » pour l’enseignement sont autant de facteurs qui comptent. Enfin la nature de l’œuvre qui fait l’objet de la notice joue également : en 2011, parmi les 100 œuvres les plus consultées de Joconde, on relève 92 œuvres picturales (dont une majorité de portraits), 7 sculptures et 1 objet zoologique. Plus ces mesures positives se conjugueront, plus l’effet Joconde se fera sentir sur votre structure.

Les conséquences immédiates de notre participation


Un impact réel sur la vie de nos collections a pu être mesuré depuis le versement de nos premières notices il y a cinq ans, notamment sur les mouvements d’œuvres.

Ainsi, le nombre annuel de demandes de prêt (venues de France ou de l’étranger) a été multiplié par six entre 2007 et 2012. Il est facile de faire un lien avec nos versements puisque 90 % de ces demandes concernent des objets dont la mise en ligne remontait à moins d’un an ; dans 100 % des cas, le point de départ de la demande de prêt fut la consultation d’une notice illustrée. De même, le nombre annuel de demandes de reproduction ou d’étude sur place a été multiplié par cinq entre 2007 et 2011. Depuis 2008, 60 % de ces demandes de reproduction sont faites via le lien inséré dans les notices Joconde, qui renvoie directement vers le musée propriétaire. Cette croissance des demandes, notamment à des fins commerciales (maisons d’édition), a eu dans notre cas une autre conséquence directe : la mise en place de tarifs pour la fourniture de photographies numériques jusque là gratuites. Là encore les points de départ des demandes sont les vignettes illustrant les notices.

Autre point positif pour nos collections : leur potentiel enrichissement. En effet, le musée Alfred-Danicourt a pu bénéficier de dons provenant de familles qui, soit avaient découvert avec fierté une œuvre d’un ancêtre mise en valeur sur Joconde, soit ont été séduites par cette mise en valeur au point d’enrichir nos collections par leurs objets personnels : il faut noter que les notices précisent utilement les provenances de chaque œuvre, nominativement d’ailleurs lorsqu’il s’agit de dons ou legs. De même Joconde est parcouru par les vendeurs de toute sorte, amateurs et professionnels, qui repèrent la composition des collections et en déduisent quelles œuvres seraient susceptibles d’intéresser à l’achat tel ou tel musée. Plusieurs fois par an des particuliers propriétaires par exemple d’œuvres d’artistes picards peu connus les proposent à la ville de Péronne après avoir découvert sur Joconde que le musée en possédait déjà quelques-unes de la même signature. L’enrichissement est parfois simplement scientifique : après une consultation de Joconde, les proches ou spécialistes d’un artiste, les amateurs éclairés de certains types d’objets, peuvent être amenés à nous signaler quelque information permettant de compléter ou d’amender une notice. Ces éléments supplémentaires sont précieux pour le musée Alfred-Danicourt de par les plaies laissées par les guerres dans la connaissance et la traçabilité de nos œuvres.

Dans un autre domaine, Joconde est aussi une source incontournable de ressources méthodologiques pour l’amélioration de la gestion informatisée et de la numérisation des collections, de l’inventaire, du récolement. Il contribue à l’uniformisation des techniques. Ce site constitue une sorte de « veille technique » rassurante pour le personnel scientifique.

Un impact plus faible, non quantifié mais avéré, a été constaté sur la fréquentation du musée. Un certain nombre de visiteurs passent par Joconde pour arriver sur les sites web et pages internet de la collectivité et du musée contributeur. Puis une partie fait le déplacement pour venir découvrir les objets dans leurs salles, fait établi par des échanges avec des visiteurs qui parfois en profitèrent pour souligner leur satisfaction de la mise en ligne de collections emblématiques (telles que notre ensemble numismatique gaulois). Réciproquement, il n’existe aucune preuve que la consultation d’œuvres en ligne ait découragé de potentiels futurs visiteurs, ce phénomène ne peut être mesuré a priori. Mais qu’il se déplace ou non a posteriori jusqu’au musée, si un internaute consulte Joconde et approfondit sa recherche, c’est bien que la mise en ligne au minimum répondait à une attente et au maximum a suscité encore plus d’appétence culturelle.

Dernière conséquence visible de notre participation au projet Joconde : son intégration à notre stratégie de communication, et notre volonté en retour de mettre en valeur ce partenariat en multipliant, de notre côté du dispositif, les « renvois » vers le site internet des Musées de France. Ainsi dans l’espace dédié au musée sur le site de notre collectivité, une page internet est consacrée aux liens vers les collections du musée Alfred-Danicourt en ligne sur Joconde, avec une classification des liens par types d’objets, d’autres liens vers les expositions virtuelles, et un lien vers la page d’accueil de Joconde. Là encore pour la mise en place de ces liens électroniques l’assistance technique de la correspondante Joconde fut indispensable. De plus, la mise en ligne de chaque exposition virtuelle est signalée à la presse locale, ainsi qu’aux usagers par un article publié sur le site internet institutionnel et (ou) dans le support principal de communication de notre collectivité. Enfin, les visiteurs du musée et correspondants souhaitant avoir accès à des informations ou des visuels complémentaires sont redirigés par le personnel vers le site Joconde (le musée Alfred-Danicourt ne possède pas de catalogue édité de ses collections, ni sa propre base de données en ligne, et n’adhère à aucune base associative régionale type « musenor »).

Conclusion

Dédiée à l’intérêt de la mise en ligne pour notre musée, mon intervention s’est d’abord volontairement arrêtée sur l’histoire de notre petite structure, sur les étapes et les moyens qui lui permirent de démarrer une mise en ligne qui ne se veut pourtant pas exemplaire. Car il me semblait incontournable de témoigner pour faire tomber certaines idées reçues : la participation à Joconde ne nécessite ni moyens techniques, humains et financiers colossaux, ni de gigantesques collections à verser. Ce n’est pas à cela que tient la « popularité » d’une notice.

La mobilisation du personnel pour faire aboutir le projet doit, pour chaque versement, s’appuyer sur la certitude que leur musée a tout à y gagner. D’abord une plus grande visibilité, un plus grand rayonnement des collections. Joconde est en effet un allié pour la communication de la structure, il donne une image positive du musée et donc de la collectivité propriétaire.

Conséquence heureuse qui n’était peut-être pas la plus attendue, la mise en ligne a aussi favorisé les échanges avec les amateurs et professionnels de la Culture en provoquant, on l’a vu, un enrichissement scientifique voire quantitatif de nos collections. Des collections dont la gestion peut désormais profiter de la « veille technique » que représentent le site et ses didacticiels méthodologiques.

Important également pour notre structure, le sentiment concret et revendiqué sur la toile d’appartenir à la famille des Musées de France, ce qui n’est pas anodin. Celui aussi de participer à la réussite de plusieurs objectifs fixés par l’article 2 de la Loi des Musées de France de 2002, car la mise en ligne, c’est aussi permettre un accès le plus large aux collections, diffuser des connaissances, et donc contribuer au progrès de la connaissance et de la recherche.

Une petite réserve peut être émise en ce qui concerne « la prise de conscience » nécessaire de tout ce qu’implique la mise en ligne. Textes et visuels seront accessibles à tous, et probablement pour toujours, réalité qui ne doit jamais être perdue de vue par les contributeurs. De plus, une question peut se poser dans notre cas sur la dynamique de fréquentation de nos notices lorsque les versements d’ampleur liés à notre récolement auront cessé. Notre musée sera alors probablement un peu plus tributaire des nouvelles formes de mise en valeur que pourrait proposer le site. Mais en dehors de cela aucun point négatif n’a pu, jusqu’à aujourd’hui, être relevé d’après notre « expérience Joconde ».

La morale reste la même : à aucun moment nous ne regrettons d’avoir contribué à l’enrichissement de ce qui, depuis 1995, est devenu bien plus qu’un simple catalogue collectif des collections des Musées de France.



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