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Journée professionnelle sur l'informatisation, la numérisation
et la mise en ligne des collections des musées de France
Paris, 8 juin 2012


Seconde table-ronde - Informatique et numérisation : de l'inventaire à la mise en ligne des collections

Questions - réponses

Hervé Cabezas, musée Antoine-Lécuyer à Saint-Quentin
Puisque M. de Sousa a évoqué le cas du musée de Saint-Quentin, j'apporte un complément à son information. Je crois à l'informatisation puisque je suis ici. Simplement avant d'informatiser, il faut avoir de l'information à informatiser. Oui, nous avons des notices sommaires avec des images et ma secrétaire s'abîme les yeux à engranger des informations tout au long de l'année. On en a 1.500 qui sont prêtes. Mais avant d'exporter vers Joconde, je souhaite remonter les historiques, remonter les bibliographies qui n'existent pas dans les dossiers puisqu'on n'a pas d'inventaire avant les années 1940, ni pour les œuvres entrées avant 1914. Il faut remonter ces historiques pour être honnête vis-à-vis du public et offir des notices cohérentes, éfoffées et documentées. Par ailleurs, mais cela va dans le même sens, je tiens au catalogue papier et je m'efforce d'en publier un par an : les recherches prennent du temps. Les musées sont là aussi pour faire de la recherche et non pas seulement pour fournir des notices informatisées pour les chercheurs, les universitaires ou les historiens d'art. Les musées produisent aussi de la recherche et de la science, au travers de catalogues. Commme je suis seul avec ma secrétaire, pendant que je fais de la recherche, écris, fais du suivi éditorial, du montage d'exposition, pendant que je réponds aux demandes de documentation, de prêts, etc. et bien je ne fais pas d'informatisation. J'essaie de faire un peu de tout simplement. Ces étapes d'informatisation, de numérisation qui sont essentielles pour être dans l'air du temps et bien sûr aussi parce qu'elles sont efficaces, le personnel ne suit pas et toutes ces tâches viennent s'ajouter à celles qui relevaient du conservateur dans le passé et qui perdurent. On n'a versé que cent notices sur Joconde et je promets que cette année, il y aura 200 notices de plus, mais peut-être pas davantage. Merci beaucoup.

Christine Shimizu
On a abordé ce matin le sujet du droit d'auteur. Lorsqu'un musée verse sur Joconde, comment sont répartis les droits d'auteur ?

Bruno Saunier, SMF
Jusqu'à aujourd'hui, tout ce qui est versé sur Joconde l'est à titre gratuit. Il n'y a aucune commercialisation de données ou d'images sur Joconde. Sauf en cas de demande d'utilisation éventuelle de données, on renvoie vers le musée concerné ou la collectivité propriétaire.

Christine Shimizu
Il y a bien un photographe qui a fait les images au départ ?

Mathilde Huet, SMF
Toutes les images qui sont soumises à droit d'auteur, que ce soit par rapport à l'auteur de l'œuvre non encore tombé dans le domaine public ou par rapport au photographe privé qui a pris le cliché, nous ne les mettons en ligne que si nous avons un contrat signé de cession de droits d'auteur à titre gracieux précisant bien l'usage, Joconde, Collections, Europeana. Mais en aucun cas, il n'y a de perception de droits puisque tout se fait à titre gracieux. En revanche, nous mettons bien pour ces images dans le copyright présent dans la notice non seulement le nom du photographe mais également la mention "utilisation soumise à autorisation". C'est à dire que si ce cliché est récupéré, la personne qui l'utilise se doit de demander l'accord à son auteur. Je précise d'ailleurs que le droit d'auteur concerne tout autant l'image, qu'elle soit utilisée à titre gracieux, non commercial ou commercial.

Estelle Géraud, musée-château de Saumur
Je souhaitais savoir s'il était un jour envisagé de rendre Joconde bilingue, ce qui impliquerait notamment une traduction des thésaurus.

Laurent Manœuvre, SMF
On peut d'ores et déjà vous dire que ce n'est pas prévu mais un projet a été testé avec le ministère et l'institut de recherche et d'innovation sur la base Histoire des arts (projet HDA-LAB), qui vise à utiliser les structures de vocabulaire de Wikimedia. Ce qui permettrait - cela fonctionne - d'interroger dans n'importe quelle langue. J'aurais aimé que Bertrand Sajus, le chef de projet, qui était présent ce matin, puisse vous en parler. Décliner ce projet à Joconde comme il en est question pour 2013 pourrait être une solution alternative car vous savez que la traduction est un poste budgétaire extrêmement important.

Hélène Lebédel-Carbonnel, château-musée de Blois
Je voulais rebondir sur l'intervention de M. Cabezas qui me semble s'interroger sur la finalité même d'une part de Joconde, et d'autre part des bases régionales qui viennent en complément, en miroir ou en approfondissement. On a la base Joconde dont M. de Sousa nous a dit qu'elle n'était pas pour lui le reflet fidèle de son inventaire. Est-ce que chaque musée "invente" sa base Joconde en fonction de ses souhaits, des choix des responsables scientifiques en décidant de reverser telle ou telle chose sous telle ou telle forme ? Comment se passe l'articulation entre Joconde et les bases régionales ? Est-ce que cela s'invente au coup par coup ? Chaque musée décidant de ce qu'il verse dans la base régionale et ce qu'il verse dans Joconde ? Je n'attends pas bien sûr une réponse définitive mais je trouve que c'est un élément de questionnement qui est assez crucial au niveau de chaque musée.

Bruno Saunier, SMF
Il faut bien distinguer les données documentaires et les données réglementaires. La question de l'inventaire informatisé est à bien différencier. Quant à votre question des liens entre bases régionale et nationale, je pense que désormais aujourd'hui avec les outils technologiques à notre disposition, ce n'est plus vraiment un problème.

Laurent Manœuvre, SMF
Un musée de France est un musée dans lequel il y a une équipe scientifique. C'est donc à cette équipe scientifique de déterminer - en tout cas pour une grande partie - ce qu'elle veut reverser dans la base nationale et ce qu'elle ne veut pas y reverser. Jusqu'à un certain point, on peut dire que Jeannette Ivain et Mathilde Huet font du prêt-à-porter en permanence. C'est-à-dire que les choix varient d'un musée à l'autre, certains veulent exporter la bibliographie, d'autres ne veulent pas... Il n'y a pas un modèle figé réglementaire mais un format d'export documentaire. On est dans le domaine de la préconisation, du conseil, à la différence des services de l'Inventaire patrimonial qui ont défini réglementairement un modèle de notice descriptive. D'un côté vous avez l'inventaire réglementaire (arrêté du 25 mai 2004), et d'un autre côté vous avez une base documentaire et donc, jusqu'à un certain point, une grande liberté sur ce que vous voulez ou non exporter.



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