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Eau-Forte : technique de gravure dans le métal d'abord utilisée pour l'orfèvrerie, puis comme moyen de reproduction. Morsure est légèrement grenue, les noirs se distinguent par leur intensité. Les demi-teintes et les ombres sont obtenues par accumulation de traits.

Ecru : état d'un fil n'ayant reçu aucune préparation tinctoriale et, par extension, tisu exécuté avec de tels fils.

Effet de chaîne poil : chaîne dont les fils sont spécialement chargés de former des flottés (enjambement d'un fil de chaîne au dessus ou au dessous de plusieurs coups de trame contigus, ou d'une trame au dessus ou au dessous de plusieurs fils de chaîne contigües), au dessus d'une croisure (entrelacement des fils) produite par une autre chaîne.

Email monochrome (céramique) : émail d'une seule couleur uniforme, par opposition aux émaux superposés.

Emblema (mosaïque) : terme grec désignant un tableau de mosaïque particulièrement soigné, exécuté à l'atelier sur des supports mobiles en terre cuite ou en pierre pour être insérés dans le pavement

Encre : conformément à une décision internationale, les termes de sépia, de bistre et d'encre de chine, sont abandonnés au profit des couleurs d'encre (rouge, brun, noir).

Enfumé : méthode de réduction permettant d'obtenir une coloration noir ou grise, parfois irrisée, à l'aide de fumée, à la fin ou à l'issue de la cuisson, de tout ou partie d'une céramique engobée ou non.

Engobe : argile ou pâte à l'état de babotine (voir ce mot), colorée ou non, destinée à être appliquée sur une pâte, le plus souvent crue, de manière à masquer tout ou partie de la couleur naturelle de celle-ci. L'engobe est généralement composé à partir d'une pâte de même nature que celle sur laquelle on la pose. L'engobage se pratique par trempage ou par frottement à l'aide d'un matériau spongieux. Fréquemment poli, l'engobe peut être laissé tel ou servir de fond à un décor peint ou en creux.

Entrelacs maltais : point croisé avec points d'entrelacs basés sur des motifs en forme de croix.

Estampage (céramique) : procédé de décor en creux ou en relief par imprimer simplement avant cuisson sur la terre encore plastique, par pression perpendiculaire ou oblique, la marque, en creux ou en relief, d'un objet ou d'un outil (voir Impression basculée, Impression roulée).

Estampé matrice (céramique) : procédé de décor en creux ou en relief par impression simple avant cuisson, dans la terre plastique, d'une matrice gravée ou sculptée. Il est parfois difficile de faire la différence entre ce type d'impression et un décor obtenu par moulage.

Excision (céramique) : procédé consistant à enlever, avant cuisson, par arrachement ou par découpage à l'aide d'outils tranchants, des portions de terre. Ce terme est utilisé lorsque la surface enlevée est faible. Ne pas confondre avec Ajouré, Champlevé, Gravure et Incision (voir ces termes).

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Façonnage au colombin : procédé de fabrication consistant à assembler par cercles fermés superposés ou en spirale des cordons d'argile plastique. La structure des colombins est généralement effacée par Lissage (voir ce terme, mais elle parfois laissée visible et utilisée comme décor (voir Décor par colombins apparents).

Façonnage au tour ou Tournage ou Tourné : procédé de façonnage pour lequel la forme est donnée à partir d'une motte de pâte par force centrifuge développée par un mouvement circulaire rapide. Les objets tournés se caractérisent par une parfaite symétrie axiale, par la régularité de l'épaisseur pour une même hauteur, parfois par la marque d'enlèvement au fil à la base de la pièce, des sillons horizontaux concentriques ou en spirales internes ou parfois externes.

Faïence (de Faenza, ville d'Italie célèbre pour sa production de céramique au cours du seizième siècle) : argile cuite entre 950 et 1000, tendre, poreuse, opaque, terne et mate, recouverte d'un émail, le plus souvent stanifère, destiné à rendre l'objet imperméable et pouvant lui-même recevoir un décor. Apparue au huitième siècle au Moyen-Orient, elle se répand en Occident grâce aux artistes hispano-mauresques, puis Italiens (voir Majolique). Dans la tradition italienne, Rouen joue un rôle important dès le seizième siècle (Masséot Abaquesne), Nevers au dix-septième. Delft (apogée entre 1660 et 1720), rompt avec l'influence italienne et s'inspire de la Chine. A partir du dix-huitième siècle, de nombreuses villes de France possèderont une, voire plusieurs, faïenceries : Aprey (1744), Ardus (entre 1737 et 1739), Bailleul (vieux centre potier), Besançon (1774), Bordeaux (1711), Boult (1734), Cirey-les-Bellevaux 1764), Clermont-Ferrand (1730); Dijon (1669), Dole en Franche-Comté (1707), Haguenau (1724), La Tour d'Aigues (1756), La Tronche (1745), La Rochelle (dix-septième), Lille (1696), Limoges (1736), Lunéville (1731), Lyon (seizième), Marignac (1737), Marseille (1677), Martres-Tolosanes (1734), Meillonnas (1759), Mennecy (1737), Montpellier (1570), Moulins (avant 1730), Moustiers (milieu dix-septième), Nègrepelisse (vieux centre potier), Nevers (1603), Niderviller (1735), Nîmes (vers 1548), Orléans (avant 1605), Paris, Poligny (1778), Rennes (1748), Rioz (1780), Rouen (avant 1507), Saint-Amand-les-Eaux (1700), Saint-Clément (1757), Saint-Cloud (1664), Saint-Omer (1749), Samadet (1732), Sceaux (1748), Sinceny (1737), Strasbourg (1721), Varages (fin dix-septième). Au dix-neuvième siècle, la porcelaine dure supplante la faïence, qui devient à destination rurale. Les principaux centre de production sont alors Lunéville, Les Islettes, Saint-Clément et Quimper.

Faïence fine ou Terre de pipe ou Grès anglais : argile très fine et blanche additionnée de quartz, de chaux, de silex calciné, du feldspath, voire du kaolin, donnant après cuisson autour de 1000 une pâte dure, blanche et opaque, ensuite recouverte d'une glaçure plombifère transparente. Le décor est exécuté sous la glaçure. Les pièces sont le plus souvent obtenues par coulage plutôt que par tournage. Technique présente en France à Saint-Porchaire dès le seizième siècle. Elle est attestée en Angleterre dès 1740. Pont-aux-Choux (1743), Montereau (1745), Lunévile (1749), Chantilly (1792), Creil (1797), Sèvres (1798), Val-sous-Meudon (1802), Choisy-le-Roi (1804), Bordeaux (fin dix-huitième), se lancent dans cette production qui constitue alors une tentative d'imitation de la porcelaine dure. Au début du dix-neuvième siècle, le décor est le plus souvent imprimé.

Fibrolite : spécifique de pierre, dénommée aussi "sillimanite", silicate d'aluminium blanchâtre ou vert, particulièrement résistant à l'érosion, utilisé pour les haches polies au Néolithique

Fil volant : procédé permettant de dessiner rapidement et de manière plus fine les parties d'un décor. Le fil de trame est tendu sur l'endroit entre deux points d'une pièce et passant sur les duites (aller et retour du fil de trame à travers la chaîne). La navette, ou broche volante, est abandonnée au premier point et reprise quand la duite atteind le second point. Elle peut être ainsi reprise et abandonnée plusieurs fois

Filet : système de mailles carrées nouées aux quatre coins à l'aide d'une navette et exécuté au doigt ou sur cadre. Il est généralement blanc ou crème, et plus rarement polychrome, parfois combiné avec des dentelles à l'aiguille. Il apparaît dès l'Antiquité. Au seizième siècle, on imagine de le rehausser de broderies au point de toile ou au point de reprise. Il est alors parfois confondu avec de la dentelle. Souvent utilisé comme décor d'ameublement, il connait un immense succès entre 1830 et 1930. Il en existe des imitations, en provenance d'Allemagne et de Suisse, réalisées sur métier à broder mécanique.

Fils tirés dits broderies de Saxe ou points de Dresde : technique réalisée selon le procédé des Jours à fils tirés (voir ce terme) mais sur une mousseline de coton, facilitant l'effilage, renforcée de points fantaisie. Procédé créé à la fin du dix-septième siècle comme succédané de dentelle, ils connaîtra un grand succès jusque dans les années 1760.

Fixé sous verre : peinture exécutée directement sous un verre ou sur une glace, ou sur un papier fixé sous un verre.

Fleurs chatironnées (céramique) : fleurs peintes en décor à petit feu et dont les contours sont cernés d'un trait brun ou noir (par opposition aux fleurs fines).

Fleurs fines (céramique) : fleurs peintes dont les contours ne sont pas cernés (par opposition aux fleurs chatironnées).

Foulé : première étape de l'apprêt du drap après tissage. Le tissu est battu aux pieds ou au moulin à foulon de manière à resserrer et à enchevêtrer les fibres de la laine et à donner de l'épaisseur, de la force et du moelleux au tissu.

Fusain : peut-être noir, gris ou brun. Aspect velouté. Dépose.

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Gaufrage : estampe, forts reliefs du support (papier, cuir, carton).

Glaçure ou Email (céramique) ou Couverte : enduit vitrifiable de composition variable appliqué sur la surface des céramiques de manière à rendre celles-ci imperméables. En fonction des minéraux qui la composent, la glaçure peut être brillante, mate ou satinée, transparente ou opaque. L'application, par trempage, se fait sur la terre crue, avant cuisson, ou sur le biscuit, après une première cuisson. Couverte : terme parfois réservé à l'enduit transparent qui recouvre les objets en porcelaine dure ou en grès. Email : terme qui s'applique parfois exclusivement aux couvertes opaques et colorées des faïences et des porcelaines tendres.

Glaçure plombifère : voir Vernissé

Glaçure à l'étain : mélange d'oxyde d'étain, de sable très fin, de potasse, de soude et de sel fondu puis réduit en poudre et mélangé à de l'eau de manière à former une pâte blanche et fluide étendue au pinceau sur le biscuit. L'eau étant absorbée par le biscuit seule une mince couche blanchâtre reste en surface. On procède alors à une cuisson à 900, température à laquelle l'émail fond et se fixe. Un décor peut être appliqué rapidement avant la cuisson de l'émail (voir Grand feu) ou, associé à un fondant (matériau améliorant la fusion), après cette cuisson (voir Petit feu).

Godronné (céramique) : décor composé d'une série de renflements réguliers en forme d'oves parallèles, verticales, horizontales ou obliques, obtenu à cru par modelage ou par moulage.

Gouache : généralement utilisée en couche plus épaisse que l'aquarelle. Aspect opaque et mat. Souvent pour les rehauts, notamment de blanc. La gouache blanche s'oxyde à l'humidité.

Goutte d'huile ou Tache d'huile : procédé de décor obtenu au cours de la Cuisson en oxydation (voir ce terme) et à haute température, lorsque l'oxygène gazeux s'échappe de la glaçure riche en oxyde de fer et forme un petit cratère. Technique très appréciée en Chine à l'époque Song.

Grain de riz ou Jours cloisonnés : technique chinoise consistant à évider la porcelaine et à remplir d'émail les jours ainsi pratiqués

Graphitage : technique consistant à recouvrir, avant cuisson, une céramique, ou une partie de celle-ci, d'un revêtement de graphite (variété de carbone), soit sous forme de poudre délayée dans de l'eau, soit sous forme solide (par frottement). Après polissage, la surface, de couleur gris-noir, prend un aspect brillant pailleté.

Grattage : procédé consistant à rendre grenue ou rugueuse par grattage à la main où avec un outil tranchant la surface d'une céramique dans un état de séchage plus ou moins avancé. Le grattage partiel d'une céramique préalablement lissée ou polie permet d'obtenir un effet décoratif doit être réservé au frottement d'une céramique cuite par contraste.

Gravure (céramique) : procédé consistant à entailler la terre devenue non plastique (complètement sèche ou après cuisson). La gravure entraine la présence fréquente de fines écaillures. Ne pas confondre avec Excision et Incision (voir ces termes).

Grès au sel : vernis mince et transparent obtenu par adjonction de sel dans le four. A haute température (1200 à 1260), en présence de la vapeur d'eau de combustion, le sel se décompose en oxyde de sodium, lequel se combine avec la silice libre à la surface de la pièce. Le même résultat peut être obtenu à basse température en remplaçant le sel par de la soude.

Grès céramique : argile à forte teneur en silice cuite de 1200 à 1250, de manière à obtenir une semi-vitrification. Après cuisson la matière est compacte, opaque, imperméable et naturellement colorée, au contraire de la porcelaine. La pose d'une couverte (voir ce mot) n'est donc pas indispensable et ne se justifie que pour des raisons esthétiques. Mis au point en Chine, très utilisé dans les pays germaniques dès l'époque médiévale, il devient une spécialité de Beauvais du quinzième au seizième siècle (" Terres des Beauvais ". Il sera remis à l'honneur en France au cours du dix-neuvième siècle.

Gros point : procédé de dentelle à l'aiguille dans lequel l'effet de relief est obtenu en fixant une mèche constituée d'une cinquantaine de fils aux deux extrémités de certains motifs. La mèche est ensuite recouverte de points de boutonnière serrés puis picotés, tandis que les parties opaques (mates) sont travaillées au point de fantaisie. A l(origine, les motifs étaient simplement cousus entre eux. A partir de 1660, ils seront reliés par des brides festionnées et picotées. Technique apparue vers 1650 et très à la mode jusque vers 1680, elle disparait ensuite, pour renaître en Italie et en France au cours du dix-neuvième siècle.


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