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Daguerréotype: procédé photographique sur métal, généralement une plaque de cuivre recouverte d'une fine couche d'argent, utilisé entre 1839 et 1860. Il a l'apparence d'un miroir. Selon l'angle d'observation, peut apparaître soit en positif, soit en négatif. Chaque plaque est unique, allant de 5 x 6,4 cm à 16,6 x 21,5.

Damas : tissu qui, dans sa forme primitive, se compose d'un effet de fond et d'un effet de dessin constitués par la face chaîne et la face trame d'une même armure de base. Le damas se tisse également en utilisant des armures différentes et en complétant leur décor par des trames lancées ou brochées.

Décor à la corne : procédé consistant à employer une corne, ou barolet, pour tracer un décor à l'aide d'un engobe de couleur différente de celle de la pâte ou de l'engobe qui recouvre celle-ci. Le motif peut prendre l'aspect de traits continus ou de points, éventuellements de tailles différentes. Très répandu aux dix-septième et dix-huitième siècles.

Décor de colombins ondulés : technique de décor consistant à disposer de fins colombins de manière à ce qu'ils se chevauchent partiellement, puis à les marqués par pression, à la fois pour aider à leur cohésion et pour obtenir un effet d'ondulation régulière.

Décor de grand feu : procédé de cuisson du décor de céramique. Le décor est peint sur une couverte (voir ce mot) crue. Les couleurs employées, à base d'oxydes métalliques, résistantes à une température équivalente ou supérieure à 950, sont principalement : le cobalt (bleu lapis ou bleu de Sèvres), le mangannèse (noir ou brun violacé selon le degré de cuisson), l'antimoine (jaune, difficile à cuire et d'un usage dangereux), l'oxyde de cuivre (vert, fuse parfois dans l'émail), l'oxyde de fer (rouge rouille, difficile à maîtriser cer instable), l'oxyde d'étain (blanc opaque). Les couleurs de fond sont souvent cuites au grand feu (voir Décor de petit feu). Les faïences cuites au grand feu présentent en général au revers trois traces de pernettes (supports triangulaires sur lesquelles reposent les pièces pendant la cuisson).

Décor de petit feu ou Feu de moufle: procédé de cuisson du décor posé sur une pièce dont la pâte et la couverte sont déjà cuites. Les oxydes métalliques sont mélangés à des fondants (matériaux améliorant la fusion) et utilisés comme de la peinture, ce qui autorise une grande finesse du dessin. Le degré de cuisson (de 500 à 800) varie en fonction de la nature des oxydes métalliques et des fondants employés. Ce procédé permet d'obtenir une gamme de couleurs étendue : grande variété de roses (voir Pourpre de Cassius) obtenus à partir de chlorure d'étain et de chlrorure d'or, verts et bleus doux. Les faïences portant un décor de petit feu présentent en général au revers six traces de pernettes (supports triangulaires sur lesquelles reposent les pièces pendant la cuisson). Mis au point aux Pays-Bas et en Allemagne au dix-septième siècle, et d'abord utilisé sur porcelaine, le décor de petit feu apparaît en France peu avant 1750.

Décor en réserve (céramique) : procédé de décoration consistant à recouvrir certaines surfaces de la céramique d'un mélange de cire et de pétrole, ou bien de latex, de manière à empêcher l'engobe ou l'émail d'adhérer à la terre. Ce procédé peut être pratiqué sur terre crûe incomplètement sèche (dite verte) ou bien sur le Biscuit ou sur le Dégourdi (voir ces termes).

Décor par colombins apparents : technique de décor consistant à laisser apparente la structure de colombins sur tout ou partie d'une céramique.

Décor plastique : céramique, décor en fort relief.

Découpure (textile) : groupe de fils de chaîne composant les gradations qui constituent les contours des effets de dessin. Découpure chaîne : au métier à la tire elle correspond au nombre de fils groupés dans un même maillon, actionné par une corde du rame. Elle constitue la valeur minimale de ces gradations formant l'unité de déplacement du décor dans le sens de la trame et dont toutes les autres ne sont que des multiples. Elle s'exprime en nombre de fils. Découpure trame : elle constitue théoriquement l'unité de déplacement dans le sens de la chaîne et elle varie de la même manière ou sans aucun rythme. Dans les tissus à plusieurs lats (voir A deux lats), elle s'exprime en nombre de passées.

Dégourdi : céramique ayant subi après séchage une première cuisson aux alentours de 900 avant son émaillage (terme parfois réservé à la porcelaine et au grès, voir Biscuit).

Dentelle à l'aiguille : procédé consistant à suivre à l'aide d'un fil ou d'une mèche de fils (fil de trace) les contours d'un motif précédemment tracé sur un parchemin, un vélin ou un carton, lui-même cousu sur une toile forte doublée d'un molleton. Des rangées successives de bouclettes sont ensuite attachées au fil de trace. Fil de traces et bouclettes peuvent être renforcées par une mèche de fils ensuite recouverte de festons (brode). Les motifs peuvent être réalisés séparément, puis assemblés à l'aide de brides ou de mailles. Les dentelles à l'aiguille étaient plutôt portées l'hiver.

Dentelle à l'aiguille type Venise : terme générique s'appliquant indistinctement et abusivement à toutes les dentelles à l'aiguille à partir de la seconde moitié du seizième siècle et jusqu'au début du dix-huitième siècle., puis au dix-neuvième siècle. Son décor est exclusivement géométrique.

Dentelle aux fuseaux : procédé consistant à croiser un nombre pair de fils de manière à former un tissage où la chaîne et la trame se construisent en même temps. Les fils sont préalablement enroulés sur des fuseaux (petites bobines en bois tourné), lesquels sont manipulés par paire (deux dans chaque main). Les parties opaques, appelées toilé, ont l'aspect d'une toile extrêmement fine. Les parties ajourées sont formées de brides ou de mailles ayant elles-même l'aspect de petites nattes tressées avec, selon la variété de la dentelle, un nombre plus ou moins grand de fil. Les dentelles aux fuseaux étaient plutôt portées l'été.

Dentelle aux fuseaux à fils continus : procédé consistant à utiliser un nombre constant de fuseaux pour une même hauteur, ce qui suppose une quantité considérable de fuseaux pour une pièce d'une certaine hauteur (1500 fuseaux pour une hauteur de 12 cm). Les dentelles à fils continus sont donc rarement hautes.

Dentelle aux fuseaux type Bruxelles : dentelle aux fuseaux à pièces rapportées à réseau de mailles à quatre fils tressés quatre fois sur les deux côtés parallèles à la lisière (droschel). Les bandes, larges d'environ un centimètre, sont raccordées par un point de raccroc à l'aiguille. Les motifs sont travaillés en toilé serré avec un ramassage de fils sur les contours formant léger relief. Le décor en est extrêmement varié. Elle domine de manière incontestée la production dentellière de 1685 à 1750, pour disparaître en 1830.

Dentelle aux fuseaux type Hollande et Flandres : dentelle aux fuseaux à pièces rapportées, à décor de fleurs ou de rinceaux sur fond de brides nattées ou sur réseau de mailles tressées sur tous les côtés et travaillées parallèlement à la lisière. Les mailles les plus courantes sont la maille à cinq trous et la grande maille ronde. Elle connaît d'abord une production professionnelle (1650-1720), puis artisanale (jusqu'à la seconde guerre mondiale).

Dentelle aux fuseaux à pièces rapportées : procédé consistant à raccorder des motifs séparés à l'aide d'un réseau de mailles exécuté aux fuseaux introduits par crochetage.

Dentelle d'Angleterre : appellation remontant au dix-septième siècle et concernant des dentelles aux fuseaux à pièces rapportées fabriquées en Flandres (voir Dentelle aux fuseaux type Hollande et Flandres), puis transitant par l'Angleterre, avant d'entrer en France en fraude.

Dentelle type Alençon : dentelle à l'aiguille qui se caractérise par un réseau de mailles bouclées, des points de fantaisie appelés modes, des brodes (mèches de fils recouvertes de points de feston serrés formant les reliefs) recouvertes de points de boutonnière serrés et ,après 1775, parfois faites de crin de cheval. Le réseau de mailles bouclées est mis au point vers 1690, mais n'est appelé point d'Alençon que vers 1720. A partir de 1855 apparaissent les motifs ombrés (séries de points plus ou moins serrés de manière à obtenir un effet de clair obscur). La plus prestigieuse et la plus coûteuse des dentelles depuis le dix-huitième siècle.

Dentelle type Argentan : dentelle à l'aiguille. La principale distinction entre les dentelles de type Alençon et de type Argentan se trouve dans le réseau. Il est ici constitué de brides hexagonales, dérivées du Point de France, recouvertes de points de boutonnière, mais dénuées de picots. Vers 1770, le point de boutonnière est abandonné au profit d'un simple fil entortillé autour de la bride. Au dix-neuvième siècle, la dentelle de type Argentan n'est plus utilisée que pour d'imortantes pièces de prestige. Elle était fabriquée indifféremment à Argentan ou à Alençon.

Dentelle type Binche : dentelle aux fuseaux à fils continus dont tous les fils ont la même finesse et dont les toilés ne sont pas travaillés uniformément. Le fond neige (petits pois rapprochés semblables à des flocons. Ces pois prennent le nom d'araignée lorsqu'ils ont une certaine importance) est caractéristique de Binche, sans en être l'exclusivité (on le trouve aussi dans les dentelles de type Malines et Valenciennes). Avant 1700, la dentelle de Binche ne se distingue pas de celle de Malines et jusqu'en 1740 elle ne se distingue de celle de Valenciennes que par son toilé moins uniforme et moins serré. A partir du dix-neuvième siècle la dentelle type Binche est fabriquée à Bruxelles sous le nom de point de fée.

Dentelle type Bruges : au dix-huitième siècle, la dentelle de Bruges se distingue de celle de Bruxelles par des toilés plus lâches, des fonds en grandes mailles rondes tressées sur tous les côtés, une apparence générale molle et floue. Elle était spécialisée dans la garniture de vêtement écclésiastique.

Dentelle type Burano : dentelle à l'aiguille imitant le type Alençon, mais dont les mailles ont un aspect carré. Le fil des points possède un aspect laiteux et donne un aspect strié particulier. Cette dentelle connaît un certain succès de 1770 jusque vers 1820, puis à partir de la création de l'école de Burano en 1871.

Dentelle type Chantilly : dentelle aux fuseaux à fils continus, en soie généralement noire, dont les motifs, exécutés en grillé, sont soulignés d'un fil plus gros et dont le réseau est travaillé en mailles croisées à deux fils formant une sorte de triangle (appelé fond chant) ou en mailles Lille. Les bandes étroites sont assemblées au point de raccroc (inventé vers 1850). L'appellation Chantilly apparait vers 1840, au moment où la dentelle de ce type est fabriquée en Normandie (Caen et surtout Bayeux, caractérisée par sa couleur gris anthracite) et en Belgique. Après 1870, la production de dentelle de type Chantilly est presque exclusivement mécanique (toilé donnant l'effet d'un tricotage).

Dentelle type Cluny : dentelle aux fuseaux à fils continus correspondant plus à un style qu'à une technique. Ellel se caractérise par un décor géométrique à base de rosaces. Né dans la région du Puy à partir de le deuxième moitié du dix-neuvième siècle, c'est le type de dentelle le plus universellement fabriqué aujourd'hui. (Extrême-Orient, Amériques, Afrique...).

Dentelle type Gênes : dentelle aux fuseaux à fils continus en lin épais, au toilé opaque, abondante en points d'esprit. Ses principaux motifs sont l'oeillet à cinq ou à sept pétales et la rosace. Son existence remonte au début du dix-septième siècle. Elle connaîtra un certain essor sur toute la côte ligure au cours du dix-neuvième siècle.

Dentelle type Lille : dentelle aux fuseaux à fils continus caractérisée par l'emploi d'un fil plus gros cernant les motifs (comme la dentelle type Malines) et par un réseau dit à fond clair, composé de mailles à deux fils simplement croisés une fois sur les deux côtés latéraux et deux fois sur les quatre côtés transversaux. Cette technique simple et rapide a permis une production abondante et à bon marché. Au dix-huitième siècle elle est fabriquée aux environs de Lille, notamment à Arras, et un peu partout en France et à l'étranger (Tondern au Danemark, Waldstena en Suède, dans les Midlands anglais où elle prend le nom de Bucks point). Au dix-neuvième siècle elle est exclusivement en coton et extrêmement répétitive. La Belgique en produit de grandes quantités, à motifs dits potenkant et de cachemire, destinées aux coiffes néerlandaises.

Dentelle type Malines : dentelle aux fuseaux à fils continus caractérisée par l'emploi d'un fil plus gros cernant les motifs (comme la dentelle type Lille) et par un réseau de mailles à quatre fils croisés trois fois sur les deux côtés parallèles à la lisière. Le trèfle à quatre feuille (élément des armoiries de la ville de Malines) entre souvent dans les motifs. Cette production reste l'exclusivité de la ville de Malines pendant le dix-huitième siècle, malgré quelques tentatives d'imitations assez médiocres à Villiers-le-Bel, dans la région de Valenciennes, à Aurillac, Anvers, Barcelone, en Italie et dans les pays scandinaves. Au début du dix-neuvième siècle, le décor consiste en alignements d'oeillets et de marguerites et dans la poursuite de motifs Louis XV et Louis XVI. Avec l'apparition de la Malines mécanique, vers 1850, cette dentelle envahit les campagnes et les costumes régionaux.

Dentelle type Milan : dentelle aux fuseaux à pièces rapportées, qui, selon certains auteurs, mais sans véritable raison, ne diffèrerait de la Dentelle aux fuseaux type Hollande et Flandres (voir ce terme) que par le travail du réseau de mailles dans tous les sens autour du motif et non parallèlement à la lisière.

Dentelle type Sedan : dentelle à l'aiguille qui possède toutes les caractéristiques du Point de France (voir ce terme) avec, en outre, une extrême diversité dans les points de fantaisie utilisés avec virtuosité. Le fil, d'une très grande finesse, est souvent un peu jaunâtre. Elle utilise concurremment à partir de la fin du dix-septième siècle un réseau de grandes brides picotées (jusque vers 1740) et un réseau de mailles bouclées comparables à celle d'Alençon. Elle se caractérise surtout par l'ampleur des motifs, généralement d'influence indo-orientale. De nombreuses dentelles de type Sedan furent exécutées en Blegique (notamment à Bruxelles), mais aussi à Alençon.

Dentelle type Valenciennes : dentelle aux fuseaux à fils continus caractérisée par un toilé extrêmement serré et uniforme et dont les mailles du réseau, tressées sur tous les côtés, sont d'abord rondes puis, à partir de 1740 carrées, (quatre côtés égaux travaillés sur la pointe). Au dix-huitième siècle elle se distingue par la clarté rigoureuse des fonds, par la fermeté des contours et par la blancheur crémeuse des mats (parties opaques). Au dix-neuvième siècle, elle est fabriquée à fils coupés (selon un principe mis au point à Ypres vers 1830), ce qui permet d'augmenter la taille des motifs : la plus grande partie de la production se fait alors en Belgique sous l'appellation de Valenciennes de Brabant.

Dépressions (céramique) : procédé de décor à cru par repoussage de la paroi de manière à obtenir des enfoncements.

Dessin aux trois crayons : dessin à la sanguine, à la pierre noire et à la craie blanche. Technique utilisée par Rubens dès le dix-septième siècle puis par divers artistes au dix-neuvième siècle, elle ne prend l'appellation de " trois crayons " que pour le dix-huitième siècle.

Doré (céramique) : l'or peut être appliqué de deux manières. La première consiste à découper une feuille d'or gravée, puis à la coller au moyen de divers mélanges (terre d'ombre mêlée d'huile de lin, eau gommée, mixture à base de peau d'anguille). La feuille d'or est ensuite recouverte d'une solution de borax et de poudre de verre, ou d'émail blanc, avant cuisson. Ce procédé est apparu à la fin du dix-septième siècle. La seconde dont la date d'apparition est inconnue, consiste à dissoudre l'or dans de l'acide puis, à l'appliquer au pinceau comme n'importe quelle autre couleur. Sur émail plombifère, la cuisson de l'or ne doit pas excéder 750. Voir aussi Bruni à l'effet.

Double-face (textile) : tissu dont les deux faces peuvent être indistinctement utilisées comme endroit. on distingue les Double-face chaîne, construits avec deux chaînes et une trame, et les Double-face trame qui comportent dune chaîne et deux trames.

Drap : dans l'industrie de la laine, tissu foulé, gratté et tondu après tissage de manière à obtenir une surface unie et veloutée semblable au feutre, imperméable au vent et, dans une certaine mesure, aux intempéries. Voir Foulé, Lainé, Tondu.

Duchesse de Bruges : dentelle aux fuseaux inspirée des dentelles de Flandres de la fin du dix-septième siècle, à motifs de feuillages nervurés, notamment de vignes, et de fleurs reliés par des brides. Technique apparue à Bruges vers 1840, et qui connaîtra un immense succès jusque vers 1930. En France, les régions du Puy-en-Velay et de Mirecourt en produiront beaucoup.

Duchesse de Bruxelles : type de dentelle qui se distingue de la Duchesse de Bruges (voir ce terme) uniquement parce que certains de ses éléments sont exécutés à l'aiguille, ce qui lui donne un plus grand prix.

Dye transfer : procédé artisanal positif couleur surtout utilisé pour publicité.


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