Au seuil du 19e siècle, des artistes voyageurs produisent des études sur
la vague, mais c'est surtout à l'époque romantique que l'on découvre la mer. En 1824, la duchesse de Berry lance la mode des bains de mer,
à Dieppe. Au même moment, on cherche à se prémunir de la vague meurtrière.
A l'instigation d'un Anglais, est créée, en 1825 à Boulogne-sur-Mer, la "Société humaine française", vouée au
sauvetage en mer, tandis que, à partir de 1830, la construction de
phares s'intensifie sur le littoral.
La vague
tumultueuse, correspondant à l'esprit romantique, devient synonyme de
destinée, de
naufrage et de
mort.
Sous le Second Empire, le développement des chemins de fer permet l'essor des stations balnéaires, notamment sous l'influence de
de la cour impériale. Les impressionnistes contribuent à donner une
image moins dramatique de la vague. La fraîcheur de leur vision choque car les mentalités restent attachées à la
tradition mythologique.
A partir des années 1880, sous l'influence de Monet et de Gauguin, de jeunes artistes travaillent sur les
côtes de Bretagne. Le mouvement folkloriste redécouvre certains mythes, tel celui de la femme asssociée à la mer et à la
mort, proche de la
sirène. Les symbolistes, trouvent dans la vague une forme décorative d'inspiration
japoniste.
La troisième République encourage le sentiment national grâce à l'enseignement de l'histoire de France. La vague n'est pas absente de cette
démarche patriotique.
Peu à peu les théories hygiénistes se popularisent. Les stations rivalisent pour
attirer les clients. La vague contribue alors au
plaisir d'un nombre croissant de Français. Au moyen de cartes postales, on prend l'habitude de faire partager ces
moments de bien-être ou
d'admiration.
Enfin, au cours du 20e siècle, si les artistes perpétuent les thèmes classiques autour de la vague, ils en accentuent plutôt le caractère
plastique ou
poétique..
par Laurent Manuvre - novembre 2009