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Le trésor de Curtil-sous-Burnand,
musée des Ursulines à Mâcon





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Le trésor monétaire de Curtil-sous-Burnand a été découvert en 1979-1980, lors de travaux de terrassement de la ligne TGV Paris-Lyon. Il est acquis par la ville de Mâcon en 1980 grâce à une subvention municipale exceptionnelle et à la générosité de la SNCF.
Le trésor se compose de 84 antoniniens, pièces de monnaies romaines en bon état, allant du règne de l'empereur Romain Gordien III de 238 à 244, à celui de Gallien de 238 à 258. Il s'agit de monnaies d'une valeur assez importante à l'époque, d'abord réalisées en argent puis en billon (alliage d'argent et de cuivre). On dénombre pas moins de 18 portraits d'empereurs et d'impératrices pour l'ensemble du trésor lequel présente les caractéristiques du trésor de thésaurisation, sorte d'économies.
Pendant le règne de Gordien et jusqu'à la fin du 3e siècle, le titre (proportion de métal précieux) de l'antoninien baisse. Selon la loi de Thomas Gresham (1519-1579, commerçant et financier anglais), la création et la mise en circulation d'une monnaie de qualité inférieure provoque la thésaurisation et la refonte de la monnaie qui circulait antérieurement (pour conserver plus de métal précieux). Ceci explique l'augmentation du nombre de trésors pour cette période de l'Antiquité tardive, comme le Trésor de Mâcon découvert en 1764.
Le trésor aurait été enfoui au plus tard en 259, les monnaies de Gallien fournissant un terminus ante quem (une date butoir). Les raisons de l'enfouissement sont certainement liées à l'insécurité et aux incursions barbares au milieu du 3e siècle, mentionnées par les Panégyriques latins (collection de onze discours d'apparat adressés à l'Empereur par des orateurs gaulois entre 289 et 389), peut-être des Alamans (confédération de tribus germaniques principalement suèves). Postume (général gaulois qui se fit proclamer empereur en Gaule de 260 à 269), attaque notamment, plusieurs bandes qui descendent la vallée du Rhône, et fait élever le long des frontières de l'Empire des remparts (257-260).
Le trésor, dit de Curtil-sous-Burnand, est exposé au musée des Ursulines de Mâcon, de même que son homologue de Chenôves pour les monnaies gauloises. Les monnaies sont des témoignages historiques précieux, et d'autres musées conservent aussi des collections de numismatique de la même époque : musée des Antiquités Gallo-Romaines d'Aoste, musée archéologique à Dijon, musée muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap, musée départemental Dobrée à Nantes, musée Alfred Danicourt à Péronne, musée de Soissons, musée Saint-Raymond à Toulouse.

Héloïse Schomas - Musées de Mâcon
et Jeannette Ivain - janvier 2018


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