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Collection Rothschild au musée
Antoine Lécuyer à Saint-Quentin






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Avec l'ouverture du musée Antoine Lécuyer, en 1886, dans l'hôtel particulier du banquier qui l'avait légué et dont il avait reçu le nom, la Ville de Saint-Quentin disposait enfin d'un véritable musée où avait été installé, notamment, le précieux fonds d'atelier de Maurice Quentin De La Tour (1704-1788).
C'est sans doute pour cette raison que, quelques temps plus tard, à partir de 1888 et jusqu'à sa mort, le baron Alphonse de Rothschild (1827-1905) offrit, chaque année, une ou plusieurs œuvres à la Ville de Saint-Quentin, parfois acquises lors des Salons parisiens annuels, à la condition expresse qu'elles soient exposées au musée. Ce sont ainsi vingt-huit dons qui furent expédiés par l'intermédiaire du collectionneur Paul Leroi, critique d'art et fondateur-directeur de la revue bimensuelle illustrée L'Art.
Selon toute vraisemblance, la Première Guerre mondiale eut raison des donations Rothschild, décimées en 1917-1918, comme une grande partie des collections municipales saint-quentinoises. En l'absence de tout registre d'inventaire ancien conservé, les délibérations du conseil municipal constituent des documents essentiels à leur connaissance. Il ne subsiste aujourd'hui des envois Rothschild qu'une modeste toile de Charles-Georges Rivière (1848-1920), Grenades et mendiants (du Salon de 1891), retrouvée dans la réserve du musée lors des récentes opérations de récolement.
Par chance, certaines de ces œuvres sont reproduites dans des articles, recueils de photographies ou livrets illustrés des Salons. D'autres sont similaires aux dons consentis par Alphonse de Rothschild à d'autres musées français de province qui, contrairement aux musées nationaux, ne recevaient que des créations contemporaines, d'auteurs, de techniques et de thèmes variés, mais, généralement, ne comportant ni noms célèbres ni ne reflétant les courants modernes du temps.
Le baron de Rothschild était un membre actif d'une dynastie de mécènes en France, et diffusait la production des artistes qu'il protégeait, sans hésiter à offrir des exemplaires de la même œuvre à des établissements différents, tels les médaillons de Victor Peter (1840-1918) ou les bustes de Camille Claudel (1864-1943), née à Fère-en-Tardenois, peut-être la seule de l'ensemble saint-quentinois à se rattacher au département de l'Aisne.

Hervé CABEZAS, Conservateur
au musée Antoine Lécuyer
et Jeannette Ivain - juin 2017

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