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Japonismes dans le papier peint
de 1860-1930 au musée de Rixheim






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L'ouverture du Japon à l'Occident, à partir du milieu des années 1850, entraine une révolution majeure dans le domaine des arts visuels ; cette nouvelle mode dénommée en 1872 "japonisme" touche également le domaine du papier peint.
Les manufactures développent dès les années 1860 un répertoire de motifs nouveaux, inspirés des estampes japonaises. Les dessinateurs en retiennent les couleurs hardies posées en aplats, la bidimensionalité, et les compositions souvent asymétriques. Ils n'hésitent pas à copier plusieurs gravures pour réaliser d'étonnants patchworks. Des femmes en kimono, des samoura´s et des pêcheurs ornent des éventails accrochés à des branchages qui empruntent davantage aux tissus peints "indiennes" et à la peinture chinoise qu'à l'art japonais. Des symboles de mon (motifs héraldiques circulaires), des éventails, des kakemonos (peintures sur soie ou sur papier en longueur) s'entremêlent dans des agencements souvent denses.

L'influence de l'art japonais est aussi perceptible dans le choix et la représentation des fleurs et des oiseaux. Ils sont figurés au naturel, avec une économie de moyens nouvelle dans l'art européen. Les fleurs de cerisiers, pruniers et cognassiers, les feuilles de bambou et de ginkgo biloba, tout comme le pin avec sa silhouette caractéristique et ses aiguilles décoratives sont repris de l'art japonais. Le chrysanthème, emblème de longévité et d'immortalité, devient le symbole par excellence du Japon. Représenté au naturel, figuré en gros plan, il étonne par la liberté de ses pétales indisciplinés ; stylisé , vu du haut, il rappelle la forme circulaire des symboles héraldiques familiaux.

L'art japonais s'intéresse également à des animaux modestes. Ils sont représentés pour eux-mêmes, avec une intensité d'observation inversement proportionnelle à leur place dans l'échelle des êtres. Dans les motifs de papier peint, les petits oiseaux (moineaux, hirondelles, pluviers, canaris), déjà présents dans l'art chinois, habitent bambous et branchages fleuris japonisants. Les échassiers (cigognes, hérons, grues) sont particulièrement appréciés pour les lignes sinueuses de leurs cous et les possibilités expressives des ailes déployées.

Au 20e siècle subsistent dans les collections proposées par les fabricants de papier peint des motifs japonisants, non exempts, parfois, d'une approche caricaturale. Ils restent jusqu'à aujourd'hui des classiques intemporels.

Isabelle Dubois-Brinkmann, conservatrice
du musée du Papier peint, Rixheim
et Jeannette Ivain - septembre 2017

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