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François Pompon





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Le sculpteur François Pompon naît à Saulieu en 1855 dans une famille dont le père est compagnon menuisier ébéniste. Après un apprentissage de marbrier funéraire couplé aux cours de l’école des beaux-arts de Dijon auprès de Célestin Nanteuil, il rejoint Paris à 20 ans. Travailleur acharné, il exerce son métier de marbrier et fréquente la Petite Ecole où il bénéficie de l’enseignement de Aimé Millet et de Pierre Rouillard. Les antiques du Louvre et la ménagerie du Jardin des Plantes lui inspirent de nombreux croquis où se révèle une fine observation du monde animal.
Il devient praticien de Rodin dès 1890 ; trois ans plus tard, le maître lui confie la direction de l’atelier. L’influence du maître se fait sentir dans certaines œuvres de Pompon : le portrait de Berthe, son épouse, n’est pas sans rappeler certaines têtes féminines sculptées de Rodin dont la chevelure et le visage se fondent pareillement dans la matière. Néanmoins, l’art de Pompon s’écarte de ces effets de fragmentation et de non finito au profit d’une forme linéaire et synthétique. Pompon partage ce classicisme des lignes avec d’autres anciens élèves de Rodin : Joseph-Antoine Bernard, Bourdelle, Lucien Schnegg ou encore Jane Poupelet.
A partir de 1896, il travaille à temps plein chez René de Saint-Marceaux, sculpteur traditionnel de la IIIe République. Si Pompon brigue le succès public avec son "grand sujet", Cosette, inspiré par Victor Hugo, il donne l’exclusivité au motif animalier à partir de 1906.
Depuis le milieu du 19e siècle, la sculpture animalière est à la mode, servie par des sculpteurs qui la traitent de façon monumentale comme Barye ou Frémiet ou bien davantage ornementale, liée à l’univers de la chasse, comme Mène, Cain, Peter ou Bugatti.
Pompon, lui, propose une vision nouvelle : il annoblit son sujet par des modelés lisses et épurés dont il ne conserve « que ce qui est indispensable ». Sensible dès le dessin très linéaire, cette simplification des formes puise dans l’antiquité égyptienne et l’esthétique japonaise. Atemporelle à force d'épure, cette économie de moyens, très moderne, annonce celle d'un Brancusi.


par Carine Prunet - octobre 2015


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