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L'art du point de croix





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Le point de croix est le premier point de broderie observé sur des textiles provenant de l'Asie Centrale et remontant à 850 avant Jésus-Christ ; il est pratiqué en Europe depuis le Moyen-Age et est un loisir créatif toujours au goût du jour.
Le fil est brodé directement sur la toile vierge, en suivant un diagramme (ou grille) dont chaque carré correspond à un point de croix. Le motif est reproduit en comptant les points de chaque couleur ligne par ligne et en prenant avec l'aiguille la diagonale de deux fils de trame par deux fils de chaîne.
Cette simplicité d'exécution laisse libre cours à l'imagination. Décors géométriques, floraux, animaliers, religieux, ou encore personnages et frises de toutes sortes ornent une multitude d'ouvrages, désormais très recherchés par les collectionneurs...
Longtemps appelé "point de marque", le point de croix avait une utilité pratique afin de marquer le linge de maison des monogrammes de leurs propriétaires pour pouvoir le reconnaître lors des lessives communes au lavoir et de l'étendage au soleil.
Le point de croix était donc traditionnellement enseigné aux petites filles pour leur permettre de constituer leur futur trousseau de mariage. De l'Europe du Nord à l'Outre-Atlantique, les fillettes faisaient montre de leurs talents de brodeuse et de leur créativité en réalisant un marquoir, pièce de tissu servant de répertoire de points - d'ornement ou de reprise - et de motifs avant que n'existent les manuels et les fascicules de modèles de grilles.
Richement ornés, les abécédaires au point de croix représentent un goût spécifique à la France, qui après être tombé en désuétude revient en force depuis les années 1980. Dans les abécédaires anciens, les lettres aux silhouettes voisines ne sont pas brodées, ainsi le J disparaît au profit du I, le O au profit du Q, ainsi que le W, peu utilisé dans la langue française, qui laisse sa place au V,. La fillette indique souvent son âge, témoignage d'une dextérité précoce et touchante, et rend souvent hommage à ses parents. A la fin du 19e siècle, paraissent de nombreuses éditions de modèles d'alphabets d'une inventivité inépuisable et qui permettent aux fillettes de réaliser des ouvrages datés et signés, transmis au sein des familles jusqu'à orner les cimaises de nos musées.

par Carine Prunet - janvier 2010


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