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Hippolyte Petitjean (1854-1929)





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Né à Mâcon en 1854, Hippolyte Petitjean est autorisé par son père à suivre des cours à l’Ecole de Dessin de la ville tout en poursuivant un apprentissage chez un peintre-décorateur. Son talent précoce lui permet d’obtenir une bourse du département de Saône-et-Loire pour étudier, en 1872, à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il entre dans l’atelier Cabanel, tout en admirant le travail de Puvis de Chavannes.
Indépendant, Petitjean l’est dans son comportement : anarchiste, anticlérical, engagé dans la défense du capitaine Dreyfus, bohême, mais fidèle à la jeune fille qu’il a rencontrée en 1879, Louise Claire Chardon - dont il aura une fille en 1895, Marcelle –, comme à ses amis Seurat, Luce et à la famille Pissarro. Sa participation (sous le pseudonyme de Jehannet) aux brochures et aux affiches anarchistes de la revue des Temps nouveaux de Jean Grave montre son indéfectible engagement pour les causes qui paraissent justes à toute une génération. L’engagement libertaire se confond avec la pratique du néo-impressionnisme : la plupart des participants ont œuvré pour la cause anarchiste. Ce cercle d’artistes et de personnalités au sein duquel évolue Petitjean sert aussi sa carrière au niveau national et international, rendant possible l’exportation de son œuvre en Belgique et en Allemagne.
Participant au Salon des Indépendants à partir de 1891, Petitjean est un artiste reconnu dans le milieu du premier cercle des néo-impressionnistes.
Paysagiste de la proximité, il prend le temps de noter sur ses croquis, dans sa correspondance ou dans son Journal des voyages (1891), des informations climatiques et botaniques. Il porte aussi une attention à l’architecture vernaculaire, dans des collines du mâconnais où il revient l’été et dans ses découvertes des paysages de l’Ile-de-France. Quelques voyages le conduisent en 1900 dans « le Midi », à Banyuls chez Maillol ou en Hollande en 1913.
La construction de sa maison en bordure du Parc Montsouris, en 1904, devient le cœur d’un dispositif où le travail en atelier alterne avec des excursions à pied ou à bicyclette. La diversité des techniques employées pour le paysage, comme pour les portraits, illustre également la grande liberté de son approche artistique. Hippolyte Petitjean a été essentiellement un artiste de l’intimité comme en témoignent de très nombreuses œuvres (fusains et sanguines).
La synthèse de ses centres d’intérêt le conduit vers une peinture élégiaque (influence virgilienne) tout à fait personnelle. Il aborde également la mythologie dans des Bacchanales qui le conduiront jusqu’à La Danse du printemps, première étape à partir de 1905 d’une série sur les saisons. Puis, dans un corpus restreint, il allonge les arabesques de ses baigneuses pointillistes auxquelles il se consacre jusqu’à sa mort en 1929.

Marie Lapalus
musée des Ursulines de Mâcon,
et Jeannette Ivain
février 2016
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