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Le paon, roi des oiseaux





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Le paon, grand oiseau domestique de nos basses-cours, galliforme cousin des faisans et des pintades, est originaire d'Asie, plus particulièrement d'Inde et du Sri-Lanka, où il est réputé se défendre des fauves et tuer les serpents. Le mâle arbore une aigrette en couronne et un plumage pourvu d'ocelles, particulièrement châtoyant et spectaculaire lorsqu'il fait "la roue" lors de la parade nuptiale.
Il fut introduit il y a très longtemps en Europe dans un but alimentaire - avant la dinde, puis à des fins ornementales paysagères. Sa roue l'apparente à un symbole solaire et d'immortalité, comme en témoignent des fibules zoomorphes stylisant déjà sa silhouette, ou son association à la Résurrection du Christ.
Ses taches en formes d'yeux ne manquèrent pas d'inspirer Ovide. Il nous raconte comment Junon ravĂ®t Io, l'une des amantes de Jupiter, métamorphosée en génisse et la confia au géant Argus dont les cent yeux assuraient une vigilance constante. Argus, charmé par Mercure, l'envoyé de Jupiter, y laissa sa vie mais Junon lui rendit hommage en attachant ses yeux à la queue du paon, son animal préféré ("La fille de Saturne les recueille et les place sur les plumes de son oiseau, dont elle couvre la queue d'une constellation de pierreries"). Le paon devint l'attribut indissociable de Héra - Junon, puis, dans ce sillage, l'oiseau de toutes les reines.
Oiseau des reines certes, mais aussi roi des oiseaux, tel que nous le décrit Buffon dans son Histoire Naturelle "Si l'empire appartenait à la beauté et non à force, le paon serait, sans contredit, le roi des oiseaux". Nombreux furent les artistes à se délecter de sa seule beauté tandis que d'autres le représentèrent en compagnie d'autres animaux exotiques. Des ornemanistes l'utilisèrent comme un élément raffiné du décor ou l'emblême de la préciosité d'un objet. D'autres peintres y virent encore un sujet de nature-morte domestique ou ornementale.
Entre sublime et fatale beauté, le paon demeure attaché à la figure féminine. Sa somptuosité ne l'en fit pas moins passer pour un symbole de vanité, propice à la caricature. La Fontaine le fait se plaindre de la laideur de son chant à Junon : "Junon répondit en colère : Oiseau jaloux, et qui devrais te taire, Est-ce à toi d'envier la voix du Rossignol, Toi que l'on voit porter à l'entour de ton col Un arc-en-ciel nué de cent sortes de soies" ou fait se parer le ridicule geai de ses plumes.

par Carine Prunet - Juin 2012


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