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Jean-François Millet





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Jean-François Millet naît en 1814, dans un hameau du Cotentin. Grâce à une bourse de la ville de Cherbourg, il étudie la peinture dans l'atelier de Delaroche. Il échoue au prix de Rome et revient en Normandie, où il peint des portraits. Au Havre, il corrige les premiers essais de Boudin. Après la mort de son épouse, en 1844, il fait la connaissance de Catherine Lemaire, dont il aura neuf enfants. Il produit d'abord des œuvres dites de "manière fleurie", dans l'esprit léger du dix-huitième siècle.
Il présente au Salon de 1848 Le Vanneur (Londres, National Gallery). Ce tableau, dont il exécutera plusieurs répliques, est acquis par Ledru-Rollin. Millet, qui veut inscrire la représentation paysanne dans une tradition, est jugé révolutionnaire, et souvent associé à Courbet, qu'il n'apprécie guère. Honni par les milieux conservateurs, il est récupéré, contre son gré, par les mouvements socialistes. Le quiproquo se renouvellera avec Le Semeur (1849, Boston, Museum of Fine Arts), puis avec Des glaneuses (1857) et plus encore avec L'Homme à la houe (1863, Los Angeles, Getty Museum).
En 1849, sur les conseils de Charles Jacque, il s'installe à Barbizon, qu'il ne quitte que pour quelques rares voyages, notamment en Auvergne. Si son ami Théodore Rousseau est surtout le peintre de la forêt de Fontainebleau, Millet devient celui de la plaine. Fils de laboureur, il connaît la dure condition paysanne, comme aussi celle du pêcheur. Cette réalité souvent âpre est parfois liée à des souvenirs, et souvent imprégnée d'un profond sentiment religieux, dont témoigne particulièrement le thème du berger. La femme joue un rĂ´le essentiel dans ce monde rude. Epris de littérature et capable de lire les auteurs antiques en latin, Millet a l'ambition de donner à son art une grandeur classique. La tendresse n'est pas absente de son œuvre, notamment lorsqu'il s'intéresse aux enfants. Indissociables de la vie rurale, les animaux font aussi l'objet d'études.
Peintre singulier, remarquable dessinateur et graveur, excellent pastelliste, il n'a toujours pas obtenu la reconnaissance officielle, à sa mort, en 1875.
La Troisième république fera du paysan de Millet un symbole de vertu, ce qui génèrera une importante imagerie. Sur fond de spéculation, le don à l'Etat français de Des glaneuses, puis de L'Angélus est considéré comme un geste éminemment patriotique.
L'héritage du maître est revendiqué à la fois par des artistes académiques (Breton, Lhermitte, Julien Dupré) mais aussi par les avant-gardes (Pissarro, Bernard, Gauguin, Segantini). Mais c'est surtout Vincent van Gogh qui entreprendra un dialogue approfondi avec le peintre de l'Angélus.

par Laurent Manœuvre - mars 2014


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