Lettre : "message personnel écrit adressé à quelqu'un..." (Larousse).
Dans les portraits du XVIIe siècle, elle est l'attribut des
hommes d'église et des membres de la
noblesse de robe. A une époque où savoir lire ou écrire reste exceptionnel, la présence d'une lettre témoigne de l'aristocratie intellectuelle du modèle.
Le siècle des Lumières est
épistolaire.
Hommes d'Etat et
philosophes correspondent abondamment. Lettres, billets ou missives expriment également les
sentiments. Ils servent aussi le
libertinage, comme le montre
Choderlos de Laclos dans
"Les liaisons dangereuses".
Sous l'Empire, la lettre perd son caractère privé. C'est par elle que l'on transmet les
ordres. Dans un contexte de guerres permanentes, elle contient bien souvent de
sinistres nouvelles.
Le XIXe siècle renoue avec le thème de la lettre vecteur du
sentiment amoureux. Les artistes explorent diverses situations liées à ce sentiment : l'
indiscrétion, la
jalousie, l'
abandon, l'
impatience ou le
désespoir.
Au cours des différents conflits, ou lorsque la France s'impose comme une puissance coloniale, la lettre devient le
lien entre ceux qui restent et ceux qui sont partis.
De tous temps, la lettre a été un instrument essentiel au
commerce. Elle peut aussi revêtir un
caractère officiel ou devenir le symbole d'un
engagement politique.
Ce qui contribue à l'acheminement du message :
écrivains publics,
facteurs,
paquebots ou simplement
lecteur... suscite tout autant l'intérêt, indépendamment du contenu.
La lettre est aussi utilisée par les peintres comme élément plastique, soit dans des
natures mortes, soit pour créer un
effet de lumière.
Elle-même peut faire l'objet d'un décor exécuté directement par un
artiste, ou
imprimé, ce qui lui confère un statut officiel. Une forme particulière de la lettre ornée était la
lettre de baptême ou de confirmation, très répandue dans les régions protestantes de langue germanique.
Enfin, la lettre est souvent associée à une
enveloppe, au
timbre, au
porte-lettre, ou même au
jeu.
par Laurent Manuvre - Septembre 2011