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Hispanisme





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L’intérêt que la France porte à l’art Espagnol est illustré par une l’œuvre emblématique : en 1798, Guillemardet, ambassadeur de France à Madrid, commande son portrait à Goya. Eugène Delacroix, lié à la famille Guillemardet, découvrira cette peinture dans les années 1820.
Au cours des campagnes napoléoniennes (1808-1813), certains biens de l’Eglise espagnole sont confisqués, y compris au profit du maréchal Soult. En 1823, la France intervient militairement, afin de rétablir l’autorité du roi Ferdinand VII. La mort de ce dernier, dix ans plus tard, provoque une crise politique intérieure et internationale. A cette occasion, des biens ecclésiastiques d’Espagne sont vendus. Louis-Philippe, voulant rivaliser avec quelques collectionneurs (Aguado, Standish), profite de l’opportunité. Il demande au baron Taylor de se rendre en Espagne, accompagné de Dauzats et de Pharamond Blanchard, pour y réunir une collection de peintures. L’exposition de cet ensemble, aujourd'hui dispersé, au Louvre, contribue à la naissance de la mode hispanisante. Les témoignages de cet engouement sont nombreux. Hugo écrit « Ruy Blas » (1838), Louis Viardot traduit « Don Quichotte » (1836), Théophile Gautier se rend en Espagne (1840), imité par Dumas (1846), Mérimée publie « Carmen » (1847). Plusieurs artistes s’aventurent en Espagne, y puisant des sujets objectifs, anecdotiques ou d’inspiration historique. Au même moment, l’œuvre gravé de Goya séduit les esprits romantiques par son étrangeté.
A partir des années 1850, le réalisme français trouve une part de son inspiration dans la peinture espagnole du Siècle d’or. L’art de Ribot et de ses émules plonge ses racines dans le ténébrisme de Ribera, de Murillo ou de Zurbaran, tandis que l’exemple de Vélasquez est revendiqué par Carolus-Duran, Sargent ou d'autres artistes. Si Manet ne cache pas son admiration pour Vélasquez, il n'ignore pas Goya. Millet, puis Degas s’intéressent au Gréco. Les représentations de courses de taureaux, de danseuses et de nains sont également empruntés à l’Espagne. Les natures mortes austères ont une parenté avec les « bodegones ».
Nombreux sont les artistes, tel Regnault, qui se rendent alors en Espagne, afin de mieux s’imprégner de l’atmosphère du pays.
Jusqu’à la première guerre mondiale, l’Espagne fera rêver plasticiens et musiciens. Par un juste retour des choses, à la fin du siècle, des peintres espagnols (Jimenez, Alonzo Pérez, et les Gonzalez) viennent à Paris, alors considérée comme la capitale artistique du monde. Madrazo y Garreta, Vierge, Gris ou Picasso y feront carrière, s’inspirant tantôt de la tradition espagnole, tantôt de la peinture française.

par Laurent Manœuvre - juin 2015


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