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Henri Fantin-Latour





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Henri Fantin-Latour naît à Grenoble le 14 janvier 1836, d'une mère d'origine russe et d'un père lui-même peintre. C'est auprès de ce dernier qu'il apprend le dessin, suite à l'installation des Fantin-Latour à Paris. Il entre ensuite à la "Petite Ecole" (future Ecole nationale supérieure des arts décoratifs) ; il y devient l'élève d'Horace Lecoq de Boisbaudran jusqu'en 1854, date à laquelle il échoue à entrer aux Beaux-Arts. Il y côtoie aussi plusieurs artistes : Marc-Louis Solon, Guillaume Regamey, Léon Ottin et Alphonse Legros.
Cette formation "appliquée" n'est sans doute pas étrangère à son goût pour la nature-morte, genre de pure peinture dans lequel il excelle. Il réalise de véritables portraits de fleurs associées à quelques objets devant un fond neutre, gris chaud. Fantin-Latour s'inscrit dans la tradition hollandaise de Willem Kalf, tout en renouvelant la sensibilité et le rendu de la matière, propres à Chardin.
Entre 1854 et 1861, il se prend lui-même comme modèle dans de nombreux autoportraits : son trait nerveux et maîtrisé est au service d'une saisissante présence.
En parallèle, il se forme par la copie devant les cimaises du Louvre. C'est là qu'il rencontre notamment Victoria Dubourg, qu'il épousera en 1876. Un émouvant tableau de fleurs Nature morte dite de fiançailles témoigne de leur complicité amoureuse et artistique. C'est en effet à cette artiste talentueuse que l'on doit le catalogue posthume de l'oeuvre complet d'Henri, publié en 1911.
C'est au Louvre aussi qu'il se lie d'amitié avec Manet, Otto Scholderer et Whistler.
Sa carrière officielle tardant à démarrer, il accepte la proposition de ce dernier de découvrir l'Angleterre. Il est logé chez le beau-frère de Whistler, Francis-Seymour Haden, qui l'initie à l'eau-forte et le présente au graveur Edwin Edwards. Ce dernier demeurera un fidèle commanditaire ; le portrait en compagnie de son épouse (National Gallery of London) assura la consécration de Fantin-Latour au Salon de 1875. Fantin-Latour restera fort lié à l'Angleterre dont la clientèle apprécie particulièrement ses nature-mortes.
En France, il fait partie du cercle des artistes fidèle du café Guerbois. Il immortalise ses amis dans l'Atelier des Batignolles, oeuvre présentée au Salon en 1870 et dont le projet d'achat par l'Etat ne se concrétisera qu'en 1892.
Ses portraits de groupe sont autant de mises en lumière de son "réseau social" : les peintres (Hommage à Delacroix), les poètes (Un coin de table), et les musiciens (Autour du piano).
Mélomane, il tente de faire transparaître dans son art sa passion pour Schumann, Berlioz et Wagner. Il réalise plusieurs tableaux relevant de la tradition de la peinture d'histoire et annonçant le symbolisme : ils furent ceux qui lui tinrent le plus à coeur. Il y fait preuve d'un lyrisme aux antipodes des oeuvres intimistes pour lesquelles il est connu...

par Carine Prunet - Février 2014


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