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L'art espagnol du Siècle d'Or
à l'aube du XXe siècle





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Le XVIIe siècle espagnol, appelé le Siècle d’Or en raison de sa vitalité littéraire et artistique, révèle les artistes les plus brillants de l’histoire de l’art (Velasquez, Zurbaran, Murillo, Valdes Leal, Coello, Cano) mais paradoxalement, le déclin économique du pays est préoccupant. L’influence marquée des Jésuites, puissants acteurs de la Contre-Réforme et principaux commanditaires des œuvres, impose aux peintres des choix iconographiques religieux, d’où la rareté des sujets profanes.
Plusieurs thèmes se partagent alors la représentation de la chrétienté : les martyres, qui symbolisent la victoire de la Foi par la douleur, l’Immaculée Conception, grande invention des Espagnols, qui promulgue l’incarnation de la pureté triomphant du péché, des images de la Sainte Famille, de l’Enfant Jésus et saint Joseph ou de l’Adoration des Bergers, manifestes du réalisme populaire qui permet d’intégrer des éléments naturalistes dans les compositions.

Au XVIIIe siècle, les Bourbons, nouvelle dynastie régnante venue de France, font exclusivement appel aux artistes français (Carle Van Loo), italiens (Giambattista Tiepolo) ou allemands (Mengs) ; cette primauté de la cour faite aux artistes étrangers est concomitante avec la disparition des génies du siècle précédent, limitant l'émergence de nouveaux talents espagnols. Les académies nouvellement fondées restreignent l’art au conformisme stylistique et les artistes atypiques restent en marge, comme Luis Eugenio Melendez ou Luis Paret y Alcazar.

Francisco de Goya y Lucientes (1746-1828) applique enfin tous les fondements de la peinture moderne, surtout visibles dans ses portraits et la satire qu’il aborde souvent dans ses œuvres. Son succès tardif tient aussi à ce que le monstrueux fait partie intégrante de sa réalité. La virulence de ses attaques contre l’archaïsme de la société est censurée par l’Inquisition qui sévit jusqu'en 1808. Goya préfigure le romantisme (Eugenio Lucas y Padilla, Eugenio Lucas y Velasquez) et l’impressionnisme (Joaquin Sorolla y Batisda, Santiago Rusinol y Prats), autour desquels de nouvelles thématiques apparaissent comme le paysage. L’œuvre de Picasso (1881-1973), dont le talent est perceptible dès la fin du 19e siècle, complètera ultérieurement les lettres de noblesse de l’art espagnol.


par Aude Legond - Mars 2012


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